Archives de Catégorie: Archéologique

À bicyclette !

Au mois de juillet 2013, nous avons fait une sortie vélo avec quelques copains de la maison. L’idée, c’était d’arriver en vélo jusqu’à une des nombreuses et fameuses « aguas termales » de l’Etat d’Hidalgo. Le plan de route approximatif, c’est la sortie de la ville vers Querétaro et bifurquer ensuite vers les sources d’eau chaude, au nord. On a eu les yeux plus grands que les pattes, en nous voyant déjà faire 150km aller. Ils ont été réduits à 60, et 120 aller retour, et c’était déjà pas mal. En comptant les détours et les petites balades sur place, on a peut-être atteint un total de 150…

Capatura

Dans le genre bien organisés, démarrage prévu à 6h du matin, on se couche à 2h après avoir passé toute la soirée à réparer ci ou ça sur les vélos, on décolle de la maison vers 11h du matin, en plein soleil, avec la moitié des vélos qui fonctionnent correctement. De 11h à 13h, balade pour trouver un atelier de vélos ouvert (le gros défi !), avec les sacs à dos, sacs de couchages et autres tentes sur le dos. On épuise donc nos forces avant même d’être vraiment en route. Les vélos ne sont pas tous en super condition, mais on part, petit bout par petit bout, soleil, sueur, camions qui nous rasent, vitesses qui ne passent pas, ça déraille, ça crève, on résine, on patche…

En arrivant à la sortie vers Querétaro…

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Après de nombreux petits tracas de chambre à air, de chaîne ou de pédale, on arrive finalement au niveau des premiers villages qui ont des sources d’eau chaude, vers 19h, et il fait déjà nuit et un peu frais, mais les coups de soleil tiennent chaud. Difficile de trouver à se loger ou où camper la tente : les centres de loisirs sur Apaxco et Vito sont pleins et/ou déjà fermés pour la nuit et surtout, trop chers. On demande à la dame de la tienda, puis au deuxième presque seul pélerin du coin, qui nous envoie voir Carmen, qui nous envoie voir le beau-frère de celui qui a les baignoires d’eau chaude, qui nous emmène voir Alberto le paysan. Il faut qu’on arrive à suivre en vélo une vieille bagnole sur des chemins de ferme de nuit, sans éclairage. Cool !

Le beau-frère d’on ne sait plus trop qui a finalement un bout d’herbe à nous prêter pour camper la tente pour la nuit, contre une petite participation financière, et ça nous convient très bien, on est fatigués.

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Au réveil, la première chose à faire, réparer ce qu’on peut réparer…

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Le maïs a environ dix noms différents au Mexique, selon son état (culture, cuit, préparation…). Celui-là, l’état de culture, c’est la « milpa ».

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On est arrivés de nuit. Le propriétaire des baignoires d’eau chaude nous avait dit que le propriétaire du terrain où on allait dormir avait une piscine et une grotte avec une source d’eau chaude en contrebas, près de la rivière. Le propriétaire nous a dit qu’il nous y emmènerait le lendemain matin, mais on n’a pas pu résister et on s’y est introduits le soir même, dans l’obscurité la plus totale. Pas de photos…

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Le lendemain matin, on aperçoit la rivière au fond en bas…

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Et voilà ce qu’on regarde tous… Une glauye.

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Sur tout ce petit bout de terrain le long de la rivière, végétation luxuriante, calme absolu, arbres fruitiers, tapis de bettes (« acelgas », pour parfaire votre espagnol) à l’état sauvage, fleurs de courgette (flor de calabaza), couleurs, et surtout… Pas un péquin ! On n’a qu’à ramasser ou cueillir pour manger…

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Comme d’habitude avec mes photos de plantes et de fruits, le concours est ouvert pour savoir ce que c’est !

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Floripondio (différent du datura, j’ai lu), brugmansia.
Cette fleur est très réputée pour ses pouvoirs hallucinogènes, j’ai entendu dire que certains la préparent sous forme de thé pour usage souvent chamanique, dans les Andes notamment.

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Grenades. Délicieuses.

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Les photos de la grotte : plusieurs sources d’eau chaude, les parois suintent tiède… Très agréable.

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Masques à l’argile blanche 100% naturelle, directement des murs de la grotte. Propriétés : désintoxicant, anti-bactérien, cicatrisant. Idéale pour les peaux sèches et mates… Celles de mes copains.

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Sur moi, le masque ne se voit pas…

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N’importe quel voyage, n’importe où, au Mexique on est susceptibles de tomber sur des pierres, des sculptures, des vestiges préhispaniques…

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Et enfin la piscine ! Comme le propriétaire ne savait pas qu’il allait avoir du monde, il avait profité de ces jours-ci pour la vider et la nettoyer. Peu importe, on décide de lézarder toute la journée en espérant avoir gagné quelques centimètres en fin d’après-midi. L’eau est tiède, un régal.

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Pas de maillot de bain ? Pas grave. Les vêtements sèchent en une heure…

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On reprend la route le lendemain midi. Rythme balade. La nuit arrivant, on décide de dormir à Huehuetoca derrière un Oxxo (l’équivalent d’un Proxi ou un d’un Huit-à-Huit) à la moitié du chemin, le gérant de nuit nous explique qu’il n’y a pas de problème tant qu’on file en douce avant le changement de service à 6h du matin. On campe la tente et on dort quelques heures, puis à l’aube, c’est reparti, avec un chocolat chaud dans le ventre.

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Pas loin d’être arrivés, je crève. Réparations multiples sur la route, bilan : un voyage mal préparé, mais un bon voyage, plein de souvenirs et d’anecdotes. Mal aux pattes !

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CHIAPAS : Palenque, les « ruines » mayas

Alors, pour continuer sur la lancée « rattrapage 2010« , je voulais vous montrer les ruines de Palenque. Pas si ruines que ça : les temples sont magnifiques et ont traversé les siècles presque sans aucune ride.
J’ai fait pas mal de recherches sur le sujet, le Roi Pakal et son extraordinaire tombeau, la mystérieuse « Reine Rouge »… Il y a vraiment beaucoup de choses à dire, et surtout à chercher, en réalité. Je préfère donc commencer par vous montrer les photos, et plus tard je vous reparlerai de l’histoire de Palenque plus en détails.
Vous verrez ici des photos de tous les temples visibles sur le site. C’est assez intéressant de se dire que la partie visible, la partie dégagée et ouverte au public, assez vaste, ne représente en fait que 10% de la totalité du site tel qu’il était à l’époque : les 90% restants encore enfouis, je les ai en partie foulés en allant faire un tour en dehors des sentiers battus, derrière les belles pelouses du site archéologique public. Derrière, c’est la jungle, et on se prend à rêver avec les morceaux de pierre que l’on aperçoit étouffés par la végétation luxuriante : comment était ce temple-ci, et est-il encore complet sous mes pieds ?…

En attendant de pouvoir répondre à ces questions un jour (ou pas), enjoy la partie émergée de l’iceberg…

Ci-dessous le Temple des Inscriptions, où a été découverte la fameuse tombe du Roi Pakal (j’en reparlerai, elle vaut le détour).

Je vous promets j’essaye de vous en reparler bientôt, et de ne plus vous abandonner si longtemps.
Aaaah, le boulot…

CHIAPAS : Palenque, faune et flore plantent le décor (rattrapage 2010)

Autre merveille du Chiapas, Palenque.
Quelques heures de voiture depuis San Cristóbal de Las Casas. J’ai pas mal de photos de Palenque donc on va se la faire en deux parties, la première on plante le décor : ça crie, ça hurle dans la jungle, on ne sait pas toujours si on a affaire à une plante ou un animal, certaines fleurs sont hallucinantes (ou hallucinogènes, c’est selon). Malheureusement on ne peut pas toujours prendre des photos de tout, mais j’en ai eu quelques unes.

J’ai un super jeu à vous proposer.
Si Bernette et Yves sont les favoris dans la catégorie fleurs et plantes, j’invite tout le monde à deviner c’est qui c’est quoi sur les photos qui suivent parce que moi je suis une quiche. Comment s’appellent toutes ces jolies choses, fleurs, arbres, plantes ou animaux, quelles espèces sont-ce ?…

– Le lézard de Bernard et Bianca !
(Dimensions de l’objet, environ 40cm toute queue comprise)

Ci-dessus, là où des arbres magiques hébergent des plantes sur leurs branches séculaires, c’est le jardin de l’hôtel où je logeais.

– Celle-là je sais !! Je saaaiiis !!! La grosse grasse rouge, je m’en souviens !
(Vous pouvez même vérifier dans les mots clefs de l’article pour avoir la réponse ; imposante : 20 à 30cm de diamètre).

Cette fleur (fruit ? plante ?…) bizarrement « plate » et vraiment joliment multicolore mesure environ 20cm de large, pour 40 à 50 de haut.

– Un Mimile des arbres !!!!!
(Peut-être ne connaissez-vous pas Mimile)
(Lui je suis navrée je n’ai pas pu prendre ses mensurations d’aussi près que les fleurs)
Mais ! ça vaut le coup de l’écouter, et « bhubert31 » en a une bien meilleure vidéo que moi :


– Maïtica !
(Un peu moins grande que la taille réelle : environ 15 cm. Elle est vive, la garce !)

Et ils attaquent, en plus, faut pas trop les approcher.

J’ai aimé cet arbre, je l’ai pris en photo sous toutes les coutures. En-dessous, c’est comme s’il ne pouvait rien nous arriver.

On s’y sent tellement bien… On se croirait revenus au jardin d’Eden avant que Jeanette croque dans ce maudit fruit.

Palenque c’est quand même pas mal au niveau cure bien-être. Après l’arbre zen-peace-and-love, les cascades de la relaxation. Si l’on y prête attention, on voit le profil d’un joli crâne.

Si l’on s’aventure un peu dans la jungle derrière, là où il y a encore 90% des ruines enfouies sous la jungle, on tombe sur des petites cascades merveilleuses, c’est la forêt enchantée.

Je suis restée des heures le derrière dans la flotte, à me faire masser le dos à coups de cascades. Difficile de se sentir mieux que ça…

Un des copains (peureux comme pas deux) sent quelque chose qui se coince et se débat dans ses chevilles : c’est Nosferatu blessé qui vient lui demander du secours. Hurlements du pote en question, Nosferatu encore plus affolé… Un grand moment.

Un peu plus d’un mètre de long pour 30cm de diamètre. Costaude, la liane.

Voilà, ça c’était pour le contexte. Singes hurleurs qui crient comme des grizzlys-chiens, plantes multicolores et démesurées qui parfois poussent dans les arbres, araignées effrayantes, scorpions que je n’ai pas eus en photo, iguanes, animaux bizarres et inconnus, fleurs d’Alice au Pays des Merveilles… C’est entre tout ça que les Mayas ont construit la cité de Palenque. Palenque, qui signifie enceinte, lieu protégé. Les ruines au prochain épisode…

Basílica(s) de Guadalupe (rattrapage 2010)

LES, basiliqueS de Guadalupe ? … Oui, il y en a deux.

La première, l’originale, la plus belle, a été construite entre 1695 et 1709. La légende raconte que San Juan Diego, un chichimèque passé par la case Évangélisation, aurait vu quatre fois la Vierge (plus tard appelée « de Guadalupe » par les Espagnols) en trois jours de temps, du 9 au 12 décembre 1531. La Vierge l’a chargé d’aller dire à l’évêque qu’un temple devrait être construit en ces lieux. Pour que l’évêque prenne les paroles de San Juan au sérieux, la même Vierge a fait pousser en haut de cette colline des roses qui ne pouvaient pas y pousser normalement. C’est quand il a vu les roses en question et l’image de la Vierge sur la besace de San Juan (un « ayate », en fait), que l’évêque a compris que San Juan ne racontait pas de salades. San Juan a été béatifié puis canonisé par Jean-Paul II.

La Basilique de Guadalupe est un très haut lieu de pèlerinage : ce sont 20 millions de personnes qui viennent par an, dont près de la moitié autour du 12 décembre, fête de la Vierge de Guadalupe.

Ici, une femme avec un bébé dans les bras passe la porte de la Basilique à genoux, accompagnée de sa fille, à genoux également.

Ce qui vaut le coup d’oeil c’est la montée sur la colline, derrière la Basilique, où l’on trouve tout en haut, la petite chapelle de San Juan, celle des apparitions.

La nouvelle basilique, construite à la moitié du XXème siècle parce que l’autre commençait à s’enfoncer dangereusement (ça nous rappelle une certaine cathédrale, ça), est… moche, mais alors vraiment moche. Elle ressemble à une meringue géante moisie.

Le Mexique a un goût prononcé pour le religieux kitsch.

Ci-dessus, des milliers de bibelots, de Jésus et de Marie de toutes les couleurs, sur des tas de petits stands.

Et ça, c’était une Vierge psychédélique. Des fois, il faut le voir pour le croire, la photo ne suffit pas, alors voyez plutôt…

Dans la petite chapelle, en haut du site, une illustration de la présence blanche, à côté de la présence indienne. Innocent et angélique…

… et pourtant. L’Évangélisation ne s’est pas toujours faite de façon voulue (je parle pour les indiens) et/ou très propre/éthique, reconnaissons-le, merci.

Ici, c’est la Vierge de Guadalupe et son peuple indien récemment converti.
Un bon film à ce sujet, la Controverse de Valladolid, drame s’inspirant de la vraie Controverse de Valladolid, qui opposa une espèce de crevure (oups, c’est sorti tout seul), du nom de Sepúlveda, au frère dominicain Bartolomé de Las Casas, considéré comme le premier défenseur du peuple indien. (Ce n’est pas un hasard si San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, s’appelle « de Las Casas ».)

La photo n’est peut-être pas très parlante. Quand je touche les thèmes colonisation et Évangélisation (le seul mort me hérisse les poils), je souffre d’une sorte de honte européenne anachronique : j’ai mal au Mexique. Autant vous dire que cette vilaine scène m’a mise très mal à l’aise.

Faisons donc une pause cactus – pigeon : même pas mal !

Serments
Je t’invoque de tout mon cœur
Réponds-moi Seigneur !
Du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et de 16h à 18h
Samedi et dimanche 9h30 à 15h

Un petit temple, en retrait de l’ancienne basilique. Le temple des serments. On vient promettre au Seigneur qu’on va arrêter de boire, de se droguer, d’insulter ses gosses, de forniquer avec la secrétaire le vendredi après-midi et de taper sur sa femme le vendredi soir, en l’échange de quoi on demande un grand service au Seigneur, c’est une prière contre un effort, du genre « ok Seigneur c’est toi le plus fort, j’arrête de taper sur ma femme mais tu soignes ma mère, marché conclu ?… »

À gauche, la silhouette d’un OMNI (Objet Moche Non Identifié), c’est peut-être une meringue géante moisie. À droite, celle de l’ancienne basilique.

L’anecdote du jour : peu de temps après cette visite, j’avais rencontré et beaucoup apprécié un des grands-pères sculpteurs des nombreuses statues du site. Je suis allée lui montrer mes photos. Il m’a offert une petite Vierge Marie et un petit Don Quichotte.

Tlatelolco – la Place des Trois Cultures (rattrapage 2010)

La place de Tlatelolco est appelée « Place des Trois Cultures », et une fois sur les lieux on comprend rapidement pourquoi. Ruines aztèques au premier plan, église et couvent au second, le tout sur fond de barre d’immeubles.

Ci-dessous, l’église de Santiago, qui date de 1610, construite en pierre de lave.

Les trois cultures qui aujourd’hui apparaissent côte à côte à Tlatelolco sont les trois temps importants du Mexique : la période aztèque, le temps de la colonisation espagnole et l’époque moderne. Tlatelolco était à l’origine le grand marché de la vallée de México, fournissant aux habitants des marchandises venues de toute la Mésoamérique. Le Rungis de l’époque. C’était le bon temps… Parce que l’histoire de Tlatelolco est ensuite tristement marquée par deux gigantesques bains de sangs.

Le premier sonne la fin de la période aztèque et le début de la colonisation : c’est le premier massacre de Tlatelolco, administré aux mexicas par ce bon vieux Hernán Cortés et son équipe de nettoyage. Les estimations donnent 40 000 indigènes morts ce jour-là.

« Le 13 août 1521, héroïquement défendue par Cuauhtemoc, Tlatelolco est tombée aux mains de Hernán Córtes. Ce ne fut ni une victoire ni une défaite : ce fut la douloureuse naissance du peuple métisse qu’est le Mexique d’aujourd’hui. »

Le second bain de sang est celui d’octobre 1968. La communauté étudiante (et bien plus) est en plein « mai 68 mexicain » à quelques jours du début des Jeux Olympiques : paniqué, le président PRI de l’époque, Gustavo Díaz Ordaz, donne l’ordre de faire taire la révolte étudiante. Rien de tel qu’une bonne boucherie… qui n’a jamais eu lieu (en mode « je ne vois pas de quoi vous parlez »). Le nombre de victimes varie de 20 à 300, voire beaucoup plus selon les sources. Des centaines sont (gravement) blessés ou disparaissent, des milliers sont emprisonnés, certains ne seront relâchés qu’en 1971. L’Histoire et ses traits d’ironie : on pousse jusqu’à lâcher des colombes le jour de l’inauguration des J.O.

« Aux compagnons tombés le 2 octobre 1968 sur cette place »…
[…]
« Qui c’est ? Qui sont-ils ? Personne, le lendemain, personne. Au matin, la place était propre. Les journaux ne donnaient que la météo, et à la télé, à la radio, au cinéma, il n’y a eu aucun changement de programme, aucune annonce intercalée, ni une minute de silence lors du repas. (Du fait, le repas a suivi son cours). »

Détail des ruines aztèques

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