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À bicyclette !

Au mois de juillet 2013, nous avons fait une sortie vélo avec quelques copains de la maison. L’idée, c’était d’arriver en vélo jusqu’à une des nombreuses et fameuses « aguas termales » de l’Etat d’Hidalgo. Le plan de route approximatif, c’est la sortie de la ville vers Querétaro et bifurquer ensuite vers les sources d’eau chaude, au nord. On a eu les yeux plus grands que les pattes, en nous voyant déjà faire 150km aller. Ils ont été réduits à 60, et 120 aller retour, et c’était déjà pas mal. En comptant les détours et les petites balades sur place, on a peut-être atteint un total de 150…

Capatura

Dans le genre bien organisés, démarrage prévu à 6h du matin, on se couche à 2h après avoir passé toute la soirée à réparer ci ou ça sur les vélos, on décolle de la maison vers 11h du matin, en plein soleil, avec la moitié des vélos qui fonctionnent correctement. De 11h à 13h, balade pour trouver un atelier de vélos ouvert (le gros défi !), avec les sacs à dos, sacs de couchages et autres tentes sur le dos. On épuise donc nos forces avant même d’être vraiment en route. Les vélos ne sont pas tous en super condition, mais on part, petit bout par petit bout, soleil, sueur, camions qui nous rasent, vitesses qui ne passent pas, ça déraille, ça crève, on résine, on patche…

En arrivant à la sortie vers Querétaro…

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Après de nombreux petits tracas de chambre à air, de chaîne ou de pédale, on arrive finalement au niveau des premiers villages qui ont des sources d’eau chaude, vers 19h, et il fait déjà nuit et un peu frais, mais les coups de soleil tiennent chaud. Difficile de trouver à se loger ou où camper la tente : les centres de loisirs sur Apaxco et Vito sont pleins et/ou déjà fermés pour la nuit et surtout, trop chers. On demande à la dame de la tienda, puis au deuxième presque seul pélerin du coin, qui nous envoie voir Carmen, qui nous envoie voir le beau-frère de celui qui a les baignoires d’eau chaude, qui nous emmène voir Alberto le paysan. Il faut qu’on arrive à suivre en vélo une vieille bagnole sur des chemins de ferme de nuit, sans éclairage. Cool !

Le beau-frère d’on ne sait plus trop qui a finalement un bout d’herbe à nous prêter pour camper la tente pour la nuit, contre une petite participation financière, et ça nous convient très bien, on est fatigués.

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Au réveil, la première chose à faire, réparer ce qu’on peut réparer…

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Le maïs a environ dix noms différents au Mexique, selon son état (culture, cuit, préparation…). Celui-là, l’état de culture, c’est la « milpa ».

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On est arrivés de nuit. Le propriétaire des baignoires d’eau chaude nous avait dit que le propriétaire du terrain où on allait dormir avait une piscine et une grotte avec une source d’eau chaude en contrebas, près de la rivière. Le propriétaire nous a dit qu’il nous y emmènerait le lendemain matin, mais on n’a pas pu résister et on s’y est introduits le soir même, dans l’obscurité la plus totale. Pas de photos…

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Le lendemain matin, on aperçoit la rivière au fond en bas…

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Et voilà ce qu’on regarde tous… Une glauye.

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Sur tout ce petit bout de terrain le long de la rivière, végétation luxuriante, calme absolu, arbres fruitiers, tapis de bettes (« acelgas », pour parfaire votre espagnol) à l’état sauvage, fleurs de courgette (flor de calabaza), couleurs, et surtout… Pas un péquin ! On n’a qu’à ramasser ou cueillir pour manger…

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Comme d’habitude avec mes photos de plantes et de fruits, le concours est ouvert pour savoir ce que c’est !

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Floripondio (différent du datura, j’ai lu), brugmansia.
Cette fleur est très réputée pour ses pouvoirs hallucinogènes, j’ai entendu dire que certains la préparent sous forme de thé pour usage souvent chamanique, dans les Andes notamment.

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Grenades. Délicieuses.

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Les photos de la grotte : plusieurs sources d’eau chaude, les parois suintent tiède… Très agréable.

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Masques à l’argile blanche 100% naturelle, directement des murs de la grotte. Propriétés : désintoxicant, anti-bactérien, cicatrisant. Idéale pour les peaux sèches et mates… Celles de mes copains.

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Sur moi, le masque ne se voit pas…

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N’importe quel voyage, n’importe où, au Mexique on est susceptibles de tomber sur des pierres, des sculptures, des vestiges préhispaniques…

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Et enfin la piscine ! Comme le propriétaire ne savait pas qu’il allait avoir du monde, il avait profité de ces jours-ci pour la vider et la nettoyer. Peu importe, on décide de lézarder toute la journée en espérant avoir gagné quelques centimètres en fin d’après-midi. L’eau est tiède, un régal.

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Pas de maillot de bain ? Pas grave. Les vêtements sèchent en une heure…

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On reprend la route le lendemain midi. Rythme balade. La nuit arrivant, on décide de dormir à Huehuetoca derrière un Oxxo (l’équivalent d’un Proxi ou un d’un Huit-à-Huit) à la moitié du chemin, le gérant de nuit nous explique qu’il n’y a pas de problème tant qu’on file en douce avant le changement de service à 6h du matin. On campe la tente et on dort quelques heures, puis à l’aube, c’est reparti, avec un chocolat chaud dans le ventre.

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Pas loin d’être arrivés, je crève. Réparations multiples sur la route, bilan : un voyage mal préparé, mais un bon voyage, plein de souvenirs et d’anecdotes. Mal aux pattes !

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Peña m’a tuer

Certains ne savent peut-être pas, hier au Mexique c’était…

(Trembleez…)
(Il y a de quoi !)

Oui, à notre tour, un peu, y a pas qu’en France que ça vote. Quelques explications donc.

On a eu droit au menu complet, entrée plat dessert, sénateurs députés et président.
Niveau « gobernador », Mancera remporte le D.F., ce qui est plutôt à notre faveur, notamment au boulot.
Mais passons, le chapitre le plus intéressant et le plus scandaleux est définitivement celui des présidentielles.

Alors, on n’a pas de Flamby ici, mais on a quand même droit à de bons personnages.
Distribution du film :

Merde le premier c’est qui ??? Après, on a, dans l’ordre, le bon, la brue et le truand.

Bon le premier c’est Gabriel Quadri de la Torre, pauvre chaton, face aux monstres que sont les trois grands partis mexicains, il n’a pas fait le poids avec sa Nouvelle Alliance, mais bon, merci d’être venu. Peut-être même que les résultats définitifs des élections (le comptage n’est pas encore définitif à l’heure où publie la rédaction Python) feront survivre son parti.

Les partis mexicains : lire l’article sur Wikipédia

Le bon : Andrés Manuel López Obrador dit AMLO, du PRD (Partido de la Revolución Democrática)

Très soutenu par ce qui paraissait être une grande majorité. Fin de campagne en fanfare, il disposait de très nombreux sympathisants notamment ceux du mouvement #YoSoy132 (pas de panique, j’explique plus bas). De nombreuses manifestations organisées ces dernières semaines contre Peña Nieto donnaient à penser qu’il partait gagnant, contrairement à ce que disaient les sondages officiels d’entreprises privées détenues par… Ahah. Les sondages indépendants qui réussissaient à filtrer donnaient l’avantage à AMLO. Ancien maire du D.F. de 2000 à 2005, il s’est présenté en 2006, et a perdu à un demi-point de Calderón (PAN) : fraude électorale avérée. Pourquoi ? Le PREP, premier comptage avant les résultats définitifs, le donnait largement gagnant. Le second PREP également. Et puis qui sait comment, quelques jours plus tard, les résultats définitifs sont publiés, et Calderón sort comme un lapin du chapeau. Ah, la magie des élections…

La brue : Josefina Vásquez Mota, du PAN (Partido Acción Nacional)

Que dire de « Joséphine la différente » (son slogan de campagne… différent !), pas grand chose, sinon qu’elle est la première candidate féminine d’un grand parti, le seul coup d’éclat à relever, bon, c’est remarquable. Elle a également été ministre du développement social sous Fox et de l’éducation sous Calderón. Le PAN est le parti qui en 2000, en mettant Fox au pouvoir, met fin à un empire du PRI de plus de 70 ans.


Le truand : Peña Nieto, PRI (Partido Revolucionario Institucional)

Le candidat du fameux empereur PRI au pouvoir de 1929 à 2000. Enrique Peña Nieto a juste à son actif de gouverneur de l’État de México (l’État qui entoure la capitale), le saccage du site de Teotihuacán (projet son et lumière sans queue ni tête, non pensé par des experts, défigurant le site archéologique – il a aujourd’hui été arrêté, mais des séquelles de béton sont visibles sur place) et l’affaire Atenco (expropriations abusives, répression, mise en prison d’innocents, tabassage de Jorge Salinas, un gros cas dans les médias, et puis, accessoirement, abus sexuels et viols sur 26 femmes par les forces de police fédérales envoyées sur place pour « rétablir l’ordre et la paix » dixit le truand). Je pourrais aussi parler des scandales un peu plus Voici/Gala, mais non, en fait. Mais il en a de l’anecdote, le truand (allez j’en balance une : il aurait tué sa femme).

Ouais, vous avez dû le savoir, c’est le truand qu’a gagnfjkehr. Gagn..erjekrz. Ga-gnééééé.

SOI-DISANT. Parce que retour sur les faits : on part en reportage électoral avec Python.

Le fonctionnement (ou « de l’éducation civique en pays corrompu »)

Le scrutin est uninominal majoritaire à un tour : un nom, un tour, une majorité relative, et paf, on a un beau président tout neuf. Ne peuvent se présenter que les candidats des partis officiels. Les électeurs ont rendez-vous dans leur « casilla » pour voter de 8h à 18h le dimanche. Le système : on vous donne une feuille avec les noms des candidats : vous cochez celui de votre choix, c’est votre bulletin de vote.

Les « casillas » sont les équivalents des bureaux de vote. Le fonctionnement a changé, auparavant le vote se déroulait bien dans des bureaux de vote institutionnels, comme en France on a nos mairies et nos écoles, seulement voilà, les institutions pourries étant ce qu’elles sont, les casillas sont donc installées chez les particuliers, qui sont sélectionnés au hasard sur les listes (sur le même principe qu’on peut nous envoyer être juré au tribunal). Donc dimanche 1er juillet, j’ai eu à ma fenêtre un stand de vote, on pourrait l’appeler comme ça. (Heureusement, je n’étais pas chez moi.)

Pourquoi ça fonctionne comme ça ? ça paraît louche, non ?

Simplement parce qu’auparavant, quand cela se déroulait de façon un peu plus institutionnelle, tout le monde était toujours accusé de fraude. Donc le bureau de vote est descendu dans les mains du peuple, qui contrôle le « bon fonctionnement » des votes par des observateurs des trois grands partis officiels : s’ils sont là pour zieuter tout ça, on suppose que ça limite le trucage sur le lieu même du vote.

Le PREP – Programme de Résultats Électoraux Préliminaires

Au fur et à mesure des premiers dépouillements, les premiers résultats apparaissent, et le PREP continue à bouger toute la nuit jusqu’à compter tous les bulletins. Le premier PREP 2006 donnait AMLO (« le bon ») grand gagnant, ainsi que le second. Jusqu’à ce que les résultats communiqués par l’IFE, l’Institut Électoral Fédéral, viennent contredire tout ça de façon un peu magique. Calderón avait… « gagné ».
Dimanche, j’ai suivi les mouvements du PREP jusque tard dans la nuit : un long moment, Peña Nieto le truand n’arrêtait pas de baisser, quand AMLO le bon ne cessait de monter, pour n’être plus qu’à deux points de lui (Joséphine la brue se cassait la gueule dans le PREP la pauvre, alors qu’elle avait déjà déclaré et admis sa défaite très tôt dans la soirée. Un peu bizarre, non ?)

L’Institut Électoral Fédéral, l’IFE

Les urnes dépouillées et comptées par nos braves citoyens choisis, elles sont alors scellées et envoyées à l’IFE, qui se charge alors de comptabiliser et d’additionner tous les résultats de tous les bureaux de vote, soi-disant. Les résultats sont affichés par les citoyens eux-mêmes aux portes des bureaux de vote une fois les urnes comptées sur place. L’idée, c’est que les résultats sur place et ceux de l’IFE concordent.

Mais tout ça, c’était pour la théorie. Eh, eh.

Le mystère IFE

Le comptage général à l’IFE, le peuple n’est pas dedans. Il envoie son résultat de bureau de vote, mais l’IFE étant salement pourri, il a libre magouille en ce qui concerne le comptage général. En gros. Donc on a beau descendre le processus de vote au sein des particuliers, on revient au point de départ : magouille et fraude électorale possible. Très simplement, on peut consulter sur internet les résultats de son bureau de vote. Et aller voir l’affichage du bureau de vote sur place, voir si ça correspond. Moi, j’ai eu du bol, les résultats sur internet correspondent à ce qui est affiché à la porte de mon immeuble. Ce n’est pas le cas pour tout le monde : aujourd’hui, les réseaux sociaux ont grouillé de photos et imprim’écrans qui sont supposés être les résultats du même bureau de vote : les numéros de bureau sont les bons, le nombre de votes ne coïncide pas. Ils sont passés où, les votes en moins pour AMLO, si les urnes arrivent scellées à l’IFE ?…

L’achat de votes

Le PRI a une nouvelle fois acheté des votes. Le principe est simple, on envoie un gosse supposé être le vôtre voter avec vous, qui va vérifier que vous cochez la bonne case. Si le gosse confirme, le tout avec une photo que vous aurez prise de votre bulletin de vote, vous remportez $200 ou $500, selon les sources. Votre vote vaut vraiment 15€ ? même 30 ?… Pour un mexicain, c’est beaucoup d’argent.

Des crayons de bois !

Peu de temps avant la date fatidique, la nouvelle du jour a été que les bureaux de vote distriburaient des crayons de papier pour cocher la case du candidat choisi. Pas mal, celle-là, non ? La consigne donc, entre les électeurs, était de s’armer de son marqueur le jour du vote.

De très, très nombreuses irrégularités sur les lieux de vote

Après les gosses vendus, on a des plaintes diverses et variées sur le lieu et au moment du vote. De très nombreux électeurs se sont indignés de ne pas avoir de bulletin de vote : simplement, il n’y en avait plus à l’heure où ils sont arrivés. Stock de bulletins épuisés. Pas possible !! Si.
On suppose aussi que pour respecter un certain contrôle, des représentants et observateurs de bon déroulement des quatre partis sont présents dans tous les bureaux de vote. Certains bureaux de vote sont loin d’avoir eu des représentants de tous les partis. En ce qui concerne les observateurs #YoSoy132, ils ont recueilli un nombre impressionnant de plaintes et de preuves d’irrégularités.

#YoSoy132

Au mois de mai dernier, Peña Nieto est allé à la Ibero, une grande université du D.F., pour y faire un discours. Hué pendant son discours, il a été ensuite pris pour cible d’un énervement étudiant, un agacement généralisé. Des étudiants ont commencé à lui demander des explications sur l’affaire d’Atenco. La situation s’envenîme et Nieto doit être évacué d’urgence face à la haine des étudiants. Ses représentants diront aussitôt qu’il s’agit d’un trouble causé par un petit groupe d’opportunistes, profitant d’une masse étudiante pour semer le désordre (les casseurs d’une manifestation). Offensés, les étudiants exercent leur droit de réponse grâce à cette vidéo :

Ce sont 131 étudiants réellement étudiants à la Ibero, qui se présentent, nom et matricule, faisant foi qu’ils étaient bien au strict minimum 131 étudiants de la Ibero, rien à voir donc avec la minimisation voulue par l’équipe Nieto. Très rapidement et grâce aux réseaux sociaux, le mouvement de soutien à ces étudiants prend une ampleur peu croyable, et le slogan et nom du mouvement devient #YoSoy132, « je suis le 132ème », en clin d’œil aux 131 lanceurs du mouvement. La particularité est qu’il s’agit d’un mouvement de soulèvement social au départ étudiant, sans appartenance politique : si on peut supposer que de nombreux étudiants du mouvement sont sympathisants de AMLO, le mouvement n’a pas d’appartenance politique et souhaite seulement dénoncer l’abomination qu’est la candidature de Peña Nieto à la présidence. Grâce à l’ampleur et la visibilité dont jouit le groupe, il se fait porte parole de nombreuses causes ruinant le pays. De nombreux membres de ce mouvement indépendant se sont portés volontaires pour aller observer le bon déroulement des votes : ils ont recueilli des centaines de plaintes et d’erreurs, et dénoncent notamment la faute commise par Nieto juste après être allé voté : il a aussitôt prononcé un discours à proximité d’un bureau de vote, chose strictement interdite.

La tendance

La tendance, les sondages non truqués, tout mon entourage de près et de loin, absolument tout le pays paraissait d’accord sur le fait qu’AMLO allait gagner. Dans mon bureau de vote et dans tous ceux que j’ai pu voir, la victoire d’AMLO est écrasante. Alors, qui sont ces électeurs ayant voté pour Peña Nieto, et dans quels bureaux de vote ont-ils voté ?… L’un « allait » gagner, mais l’autre « devait » gagner, non ?…

Anonymous

Vous connaissez le mouvement Anonymous ? Si vous avez répondu par la négative vous devriez découvrir, je vous le recommande. Au service des citoyens du monde entier et de leurs libertés, notamment la liberté d’expression, d’accès à la culture et à l’information. Des membres d’Anonymous Mexique auraient hacké les bases de données de l’IFE, pour se rendre compte que le comptage réel du PREP était en faveur de AMLO. Le document PREP rendu public était daté du 6 mars selon les sources d’Anonymous. Mais, c’était pas le 1er juillet, les élections ?…

La situation critique du pays

Dans le nord du pays, ce sont souvent les narcotrafiquants qui empêchent la mise en place de bureaux de vote (sauf si tu as un goût particulier pour le plomb, tu peux essayer), font exploser les urnes ou les font disparaître, quand ce ne sont pas d’autres malfrats. Puis il y a d’autres situations particulières : sans être des malfrats, les zapatistes et sympathisants zapatistes refusent souvent l’installation des bureaux de vote au Chiapas, ce qui dans ce cas-là se comprend très bien : s’il ne sont pas reconnus par leur supposé gouvernement, pourquoi iraient-ils voter pour quelqu’un qui nie leur existence et leurs droits ?…

Jeudi, je dis pyramide


– En trois. Mmmhh, Mexique…
– Aztèques ?
– Archéologie…
– Pyramide ?
– Site !
– TEOTIHUACAN !

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Y étant déjà allée en 2010, j’avais également laissé quelques informations sur Teotihuacán dans cet article (allez-y voir ne serait-ce que pour tordre le coup au préjugé des sacrifices, merci).
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En arrivant, à l’entrée du site, le temple de Quetzalcoátl (de nombreuses photos dans l’article mentionné ci-dessus).

Paterchéologue

Au fond, pyramides de la Lune et du Soleil.
J’ai adoré la réaction du paterchéologue en voyant la structure de l’allée des morts, l’allée centrale de la cité : des sortes de grands… bassins ? (Je ne leur trouve plus d’autre nom, du coup…).
– Bah, c’était juste des grands baignoires, qu’ils avaient, en fait !
(A ce moment-la j’ai les dents qui tombent)
– Euh, perso je pense que c’était un peu plus compliqué que ça.
– Attends eh, beh oui, regarde y a même les évacuations, je suis sûr que c’était rempli de flotte et ils faisaient trempette là-dedans, c’est pas plus compliqué que ça.
– Ah. Bon bah c’est pas plus compliqué que ça, alors.

Je vous présente donc la gande baignoire, au fond vous apercevez même l’évacuation si vous avez de bons yeux.

Faisons une pause cactus, après tant de révélations historiques !

La pyramide du Soleil

Paterchéologue au pied de la pyramide du Soleil, la plus impressionnante du site : 63 mètres de haut pour 215 de côté, mémère (et 225 à l’époque). La pyramide du Soleil est la deuxième plus grande pyramide d’Amérique après celle de Cholula, qui elle n’a pas été dégagée. Enfin non, peut-être la troisième… voir en fin d’article.

La cité tient un lien étroit avec Xitle, le volcan le plus proche, au sud de l’actuelle México (Teotihuacán se trouve juste au nord de la ville). Xitle menaçant de baver un peu trop fort sur Cuicuilco, la cité la plus importante de la vallée centrale, le peuple habitant la région décide de mettre le cap vers Teotihuacán au premier siècle avant Jésus Cristo. La ville se développe tellement qu’entre 150 et 450 après JC, elle est un des centres économiques, religieux et idéologiques les plus importants de tout le monde méso-américain. En 250, elle compte environ 50 000 habitants, et passe à 200 000 en l’an 600, dépassant ainsi la Rome antique (et toc, dans les dents les romains).

L’allée des morts vue depuis le haut de la pyramide du Soleil.

Une des grandes baignoires vue depuis la pyramide du Soleil.

La vue sur la pyramide de la Lune, au bout de l’allée des morts.

Et ces grands machins, c’est quoi ?
Des magueys. De magnifiques magueys en fleur. Essayez de ne pas encore aller voir la photo suivante, et imaginez quelle taille ils peuvent avoir. D’ailleurs, parenthèse, d’eux viennent le pulque…

Ils ont cette taille-la, paterchéologue mesurant 1.80m.




La minute Routard, le restaurant la Gruta

Derrière la pyramide du Soleil, en prenant un petit sentier on tombe sur la Gruta, un resto recommandé du fait par le Routard, qui vaut le détour. Certes, les prix sont peut-être un peu chers pour un resto mexicain (soyons relatifs : 40€ à deux, entrées bières plats desserts cafés et pourboire inclus…), mais la cuisine est bonne, et ce qui vaut le coup d’oeil, c’est définitivement le cadre. Le restaurant a été installé dans la grotte en 1906. La grotte est naturelle, formée par les coulées de lave souterraine, lorsque la lave en surface est déjà refroidie : le site archéologique serait truffé de chambres souterraines et de grottes formées par la lave.

Ci-dessous, le sourire du Mexique. Non ça ne peut pas être les bières, elles sont encore pleines (et nous pas encore).

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Un peu plus d’infos :

Le thème étant passionnant et l’idée n’étant pas non plus de vous écrire un bouquin dans un article WordPress, je vous laisse quelques pistes et liens pour chercher un peu plus d’infos si vous êtes intéressés, il y a de quoi se perdre (ça fait quelques heures que j’y suis).

On m’a dit qu’à Teotihuacán et à Chichén Itzá (autre site archéologique majestueux), les constructions étaient tellement bien pensées que le serpent à plumes redescendait sur terre lors de l’équinoxe. Pour Teotihuacán je ne trouve rien, mais je sais que le 21 mars y est organisé un festival de musique électro où débarquent des foules impressionnantes vêtues de blanc. Neo-mystiques et illuminés, ou jeunes ayant compris certaines choses ?… Au château de Chichén Itzá, le phénomène est impressionnant : avec l’alignement du soleil, le jour de l’équinoxe, le serpent à plumes Kukulkán (appelé Kukulkán chez les Mayas, Quetzalcoátl chez les Aztèques) descend effectivement du ciel à la terre par les escaliers de la pyramide. La grosse tête de serpent en bas de la pyramide, c’était donc pour ça. Trève de paroles, une bonne vidéo :

Par ailleurs, en termes de pyramides, Khéops et sa pyramide de Gizeh en Egypte ont été mis K.O. par les Mayas : au Guatemala, le site El Mirador abrite la pyramide la Danta, qui est la plus grande au monde connue à ce jour.


Merci au Routard pour quelques infos historiques.

Jeudi, c’est journée volcan

Je disais donc, le Popo fumant a donné des idées, après avoir lâché un « nan euh nan on va pas aller au Popo, nan »… j’ai ajouté un « mais par contre y a un autre volcan pas loin »… On a pris un sac à dos on est partis, direction Toluca.

Dans le bus, en arrivant près du volcan…

Sur la route, le village le plus proche du volcan s’appelle Raices (Racines), on y descend et on entreprend de faire la montée du chemin de montagne à pieds, on ne doit plus être loin. Passe un camion, à qui je demande si on est encore loin, la tête de dix pieds de long veut dire que oui, il nous prend en stop, on monte au pas les quelques 20km de chemin rocailleux qui nous séparaient encore du volcan, à bord d’un camion citerne qui vient ravitailler la petite auberge du volcan en eau.

Une petite côte, 20 minutes de marche et quatre poumons en moins plus tard (on est à plus de 4000 mètres), on a le droit à ça…
Comment c’est tout ridicule sur la photo ! En face de toi tu perds l’équilibre tellement c’est démesuré. Le cratère fait 1,5 km de large : le grand angle est vaincu, il peine à prendre la moitié de la largeur du cratère en photo.
Le pic le plus haut est à 4680 mètres.
La photo ci-dessus ainsi que les deux suivantes, c’est le lac du soleil.

Ici, le lac de la lune. Oui, il fallait s’y attendre, on retrouve l’opposition très mexicaine soleil/lune, certains se rappelleront de l’article sur Teotihuacan

Des copains de l’équipe sont passés avant moi : au pied du lac de la lune, on aperçoit un reste d’inscription qui disait Bonebreakers… Eh, le Bone est un peu effacé, mais en faisant bien attention on distingue encore le Breakers.

Papa et un mini reste de neige. Le volcan s’appelle le Nevado de Toluca, ou Xinantecatl, qui est parfois traduit par le Señor Desnudo. Pour un Enneigé de Toluca, il a beaucoup fondu, mais il y a encore deux mois il était tout blanc notamment autour des deux lagunes.

Et voilà la vraie taille du mini reste de neige.

Le bleu de la lagune

Et le bleu du ciel

L’heure du départ a sonné…

La vue sur Toluca simplement en regardant derrière nous, depuis le col où on était…

Je ne sais pas si je vous avais déjà parlé de ça mais c’est une des choses qui surprend en passant de France à Mexique, Papa me l’a rappelé en arrivant : la Lune bouge sur un axe vertical, non horizontal.

Le fameux camion de flotte qui nous a montés jusque là…

Retour à bord du même camion de flotte, direction Toluca, puis de Toluca bus jusqu’au D.F. où en arrivant, on a filé directement à la pulqueria pour faire goûter au papa cette boisson étrange qu’est le pulque. Il a eu droit au naturel, au vampire, à la goyave, à l’avoine et au céléri. Et il est pas reparti sans goûter un micron de mezcal, ahahah.

La Casa Naranja

La maison où je suis tombée, la Casa Naranja, « la maison orange », n’est pas une simple coloc. Certes, c’est une maison orange, presque fluo, même. Mais c’est beaucoup plus que ça. Engagement politique, centre social occupé, et centre d’activités et d’ateliers divers, entre autres.

On est 6 ou 7 à y vivre presque en permanence, parfois 10, voire plus selon les jours et les événements. Pour ma pomme, outre la participation à la vie en collectivité, ça passe par des ateliers de français pour les jeunes du quartier qui veulent apprendre la langue. D’autres ateliers sont donnés par les colocs, ateliers de stencil, de dessin graphique, de mise à niveau en maths, en orthographe, cours d’anglais, atelier de muay thai (défense)… Ont lieu également des concerts, des fêtes dans le but de financer les dépenses de la maison, des projections de film à l’air libre…

Un aperçu donc de la maison…




Quelques travaux en groupe, les hommes à casser du caillou, les femmes à faire la vaisselle…




Il arrive que l’on se retrouve tous ensemble autour de quelques bières ou de quelques bouteilles de pulque de apio (céléri)…





La maison est pleine de couleurs, de dessins, de tags, de pochoirs, etc, les habitants réguliers et occasionnels étant tous doués pour les arts plastiques… Photos




















L’autre point fort de la maison, l’atelier de sérigraphie : t-shirts, affiches, etc : la maison est autonome aussi en ce qui concerne sa propagande…

















Plus d’infos sur la maison et ce qu’elle est vraiment : http://espora.org/casanaranja/

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