Archives de Catégorie: Me myself and I

Retrouvailles…

Certains sauront trouver facilement où je suis… Indices : 1er Encuentro Por La Paz, Samuel Ruiz, et indice photo…

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EZLN : LE BRUIT DU SILENCE

Je me souviens de conversations passionnées avec Pelou lors de sa venue ici au Mexique : l’un des thèmes, l’EZLN et les communautés zapatistes. Pour mémoire, EZLN, c’est Ejército Zapatista de Liberación Nacional, o sea, Armée Zapatiste de Libération Nationale. Cela faisait quelques années que l’EZLN ne faisait plus la une des journaux. Mais le silence n’est pas toujours signe de mort ou de reddition. Et il est parfois beaucoup plus puissant que les coups médiatiques.


Photo Radio Zapatista http://radiozapatista.org/?p=7360

Le 21 décembre 2012 marque la fin du 13ème Baktún, une unité de temps du calendrier maya (de presque quatre siècles). D’où l’importance de la date pour les héritiers du monde maya, les Chiapanèques. Un symbole, une date clé, que les Chiapanèques zapatistes ne pouvaient donc pas laisser passer.

Le 21 décembre au petit matin, 50 000 zapatistes ont défilé en silence, jusqu’au cœur de cinq villes, San Cristóbal de Las Casas, Ocosingo, Las Margaritas, Comitán et Altamirano, les cinq mêmes villes qu’ils avaient prises le 1er janvier 1994. C’était la naissance publique, dans le sang, la force et la douleur, de l’EZLN, après dix ans de vie secrète : l’EZLN est en fait né en 1984.

Il y a quelques années, à peine quelques miliers de zapatistes ou sympathisants civils se réunissaient lors des mobilisations publiques. Après six ans de silence, 50 000 zapatistes défilent silencieusement à travers cinq villes du Chiapas, dans une organisation milimétrée malgré la présence de 50 000 personnes, un nombre qu’ils n’avaient même pas eux-mêmes osé espérer. La seule action notable, elle aussi silencieuse, aura été de monter, l’un derrière l’autre, sur une scène montée pour l’occasion, lever le poing, avant de redescendre pour continuer au sein de la marche silencieuse.

Sur le parvis de la Cathédrale de San Cristóbal de Las Casas :


Photo http://sipaz.wordpress.com/tag/san-cristobal-de-las-casas/

Un silence qui donne des frissons, c’est le pays entier qui reste bouche-bée. Cette marche, ce silence, pourquoi ?…

Pour l’anecdote, une légère bruine caractéristique du Chiapas les a accompagnés du matin au soir le jour de la marche. Cela faisait des jours et des jours qu’elle n’avait pas montré le bout de son nez, et le lendemain, elle est repartie comme elle est venue.

Le 21 décembre, l’EZLN lance un communiqué pour accompagner la marche silencieuse :

Vous avez entendu?
C’est le bruit de votre monde qui s’effondre.
C’est celui du nôtre qui resurgit.
Le jour où il a fait jour, c’était la nuit.
Et il fera nuit le jour où il fera jour.

Démocratie !
Liberté !
Justice !

Cette partie du jour et de la nuit, très difficile à traduire malgré sa simplicité, est également délicate à expliquer et à décrypter. La nuit, tout un symbole zapatiste. Les zapatistes sont nés de la nuit – même Manu Chao le dit dans ses chansons – c’est leur territoire, leur terrain d’action. La première partie fait référence à leurs actions de jour : certes, ils se mobilisent maintenant à la lumière du jour, mais ce qu’ils montrent et revendiquent, c’est la nuit au sens zapatiste du terme, leur monde, leur origine, leur heure de gloire, c’est la nuit. « Le jour où il a fait jour, c’était la nuit ». Leurs actions sont celles de gens de la nuit, des indigènes qui ont vécu cachés trop longtemps, qui viennent de la nuit. Un des peuples chiapanèques, les Tzotziles, très présent à San Cris, tient son nom de la nuit : « Tzotzil » signifie « les hommes chauve-souris », les hommes de la nuit.

Lorsqu’ils sont apparus publiquement en 1994, les zapatistes sont sortis cagoulés. La cagoule passe-montagne, symbole d’un de leurs grands messages : « lorsque nous étions à visage découvert, vous ne nous voyiez pas. Il a fallu nous cacher le visage pour que vous nous remarquiez ». Mais pourquoi inaperçus à visage découvert ?

Le passe-montagne et le paliacate (foulard), symboles zapatistes :

Faisons un léger retour dans le temps. En 1984, six amis révolutionnaires comptent monter un coup d’État contre le gouvernement en place. Pour s’organiser, rien de tel que de partir dans la jungle, là où personne ne viendra les déranger, puisqu’il n’y a personne. Raté. Lorsqu’ils arrivent, il y a bien des indigènes qui vivent dans la jungle chiapanèque, et pas qu’un peu. Mais ils sont oubliés de tous, n’existent pas pour le gouvernement mexicain, encore moins pour l’Etat Civil, ils n’existent pas, car ils n’ont pas d’identité. Pas l’officielle, en tout cas. Les six révolutionnaires en question, émus par la condition des indigènes qu’ils rencontrent, laissent de côté leur coup d’Etat, et transforment leur cause, ils apprennent à connaître ces indigènes, à les défendre, à revendiquer leurs droits. Des six, seuls deux apparaissent en 1994 lorsque se montre enfin l’EZLN, le Subcomandante Marcos et le Subcomandante Pedro. Pedro ne survivra pas au 1er janvier 1994, laissant seul le Sub’ Marcos. Après dix ans de vie secrète, dix ans de nuit, dix ans de silence, l’EZLN prend cinq villes chiapanèques à l’aube du 1er janvier. Tout ce temps, les indigènes avaient eu le visage découvert. Tout ce temps, ils étaient passés pour inexistants aux yeux du gouvernement. Le 1er janvier, lorsqu’ils apparaissent cagoulés, on les voit, on leur prête enfin attention.

De la même manière qu’en 1994, l’EZLN resurgit avec un message puissant (et très émouvant). Le 21 décembre dernier, c’est le silence qui leur permet de se faire entendre.

Parce que non content d’être brillant et fin stratège (l’armée zapatiste, pour moi, a la meilleure organisation qui soit), le Sub’Marcos est aussi un grand poète. Au-delà des livres de poésie dont il est auteur, vous notez la poésie de sa façon de penser ?…

Le Sub’ Marcos, le sourire dans les yeux.


Photo La Vanguardia.

J’attendais impatiemment le communiqué qui allait suivre.
Ils l’ont lancé ce soir, à 20h36, 30 décembre 2012. J’ai pleuré un bon moment. Je suis impressionnée et émue que l’Histoire se fasse en ce moment, autour de moi, à côté de moi, presque avec moi.
Ce nouveau communiqué est beau, il est emprunt de la finesse caractéristique de Marcos.
Vous le trouverez en espagnol sur le site officiel de l’EZLN : http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2012/12/30/el-ezln-anuncia-sus-pasos-siguientes-comunicado-del-30-de-diciembre-del-2012/
Je vous le traduis bientôt. Parce que Marcos n’écrit pas (publiquement) tous les jours, mais quand il écrit, c’est non seulement beau, mais long. Très long.

Depuis un certain temps, mon membre fantôme me démange, j’ai nommé le Chiapas. En ces temps d’activité zapatiste forte, l’aimant Chiapas est surpuissant, c’est de la torture, de devoir rester au D.F. un jour de plus, il faut me retenir à coup de camisole de force pour que je ne saute pas dans un bus avant demain. Mais rassure-toi Chiapas mon amour, je suis en train de ronger les sangles de ma camisole avec les dents : j’arrive bientôt.

Un très grand merci à toi et à ton infinie patience, petit chiapanèque qui m’explique tout ça non sans t’arracher quelques cheveux au passage.

Une première publication au Mexique…

J’ai publié il y a quelques jours sur le Pythonscope un article sur la Santa Muerte, la fameuse Sainte Mort mexicaine (vous la connaissez, j’espère ?). Oui, c’est un squelette aussi, mais non, rien à voir avec mes classiques dessins de catrinas (comme ceux de l’expo) : il s’agit là d’un culte religieux vraiment particulier.

La Santa Muerte (ou Sainte Mort) est une figure de culte mexicaine issue du syncrétisme entre diverses croyances très anciennes du monde précolombien et le christianisme importé par la plus récente colonisation, bien que l’Église catholique entre autres, la considère comme diabolique et condamne sa vénération.

Divinités mayas et aztèques, préhispanique fête des morts célébrée le 2 novembre, Vierge de Guadalupe (elle-même d’origine syncrétique), onction des malades (mort en paix avec Dieu, où l’on demande une « Sainte Mort »), l’Apocalypse et la fameuse « Mort à la faux » sont autant d’influences reconnues.

La légende populaire veut que la Sainte Mort soit née (ahah) dans les années 1960, mais des traces de son culte remontent jusqu’au 18ème siècle, dans des villages du centre du Mexique. Si elle est souvent associée à divers types de délinquance (narcos, racaille, crime organisé…), et si elle reste un symbole indissociable de Tepito, de loin le quartier le plus dangereux et le plus craint de México, ses origines sont en réalité bien différentes et un peu plus « saintes ».

Illustration de la Santa Muerte pour la revue mexicaine Generación

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Chaque numéro de Generación a un thème particulier, souvent assez délicat ou polémique, toujours culture assez underground et/ou alternative (drogues, arts, sexe, etc). Celui-ci porte sur le quartier chaud de Tepito. Il y a dix jours, nous fêtions à la pulquería les 24 ans de la revue, qui ne devait, selon toutes espérances, (sur)vivre que quelques années lorsqu’elle est née. Aussi résistante que sa vieille carne de directeur Carlos Martínez Rentería (vous devez commencer à vous rappeler de son nom, à force) surnommé « El Demonio » par ses meilleurs amis, Generación est toujours là, bien vivante.

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25 ans pour une expo !

Deux jours avant d’avoir un quart de siècle au compteur, j’ai pu inaugurer un bébé, un projet, vraiment quelque chose qui m’est cher, une exposition de quelques dessins.

Une exposition à thème, lancée le 1er novembre, jour de la fête des morts. Des Catrinas, des calacas, des personnages autour du culte aux morts, un trait de culture très fort au Mexique. Elles ont, paraît-il, une touche française…

Ceux qui connaissent le Pythonscope en connaissent sans doute quelques unes.

Alors, certes, c’est à mon boulot, qui fait galerie à ses heures, mais il en faudrait plus pour minimiser ma satisfaction, j’ai vraiment eu la sensation de franchir une étape. Et ce n’est qu’un début, un balbutiement.

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L’honneur, le grand honneur, que mon texte ait été écrit de la main du grand écrivain et non moins ami Carlos Martínez Rentería.

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Une catrina très française

L’ancestrale relation de l’être mexicain avec la mort est bien connue. Depuis des temps très anciens, dans le monde précolombien la mort est commencement et fin de la cosmogonie religieuse, mais c’est aussi la vie quotidienne des mexicains qui joue avec la mort et il semblerait qu’on se moque d’elle au-delà même des dieux. Que survivent encore beaucoup de traditions anciennes pour nous souvenir de nos morts. Le syncrétisme religieux entre le christianisme et sa contrepartie aztèque est arrivé à des extrêmes, comme l’invention de la Santa Muerte, terrifiante divinité qui est devenue très populaire parmi les délinquants et les milieux populaires qui vivent dans une dynamique dangereuse.

Mais la représentation de la mort a souvent un visage beaucoup plus aimable et à la fois blasphématoire. En ces jours des morts, nous pouvons voir une quantité infinie d’images qui vont des friandises en forme de têtes de mort aux squelettes qui dansent au rythme de la musique, une nombre infini d’objets qui décorent les offrandes traditionnelles, et bien sûr la fameuse « Catrina », qui, comme son nom l’indique, représente une femme très élégante, au chapeau et au style très européens, et nous rappelle que la mort emmène avec elle autant les pauvres que les riches.

La globalisation nous a aussi amenés à fusionner des traditions ancestrales avec des coutumes très récentes, comme le fameux « Halloween », et du plus profond respect pour les morts nous passons aux célébrations les plus commerciales et les plus carnavalesques.

En cette occasion, nous sommes appelés par le subtil travail plastique d’une dessinatrice au talent indéniable, même quand il est encore développé de façon très spontanée et naïve. Sophie Remy (mieux connue sous le nom de « Sofi »), signe ses dessins en tant que « Python » (la peintre) et rappelle qu’elle dessinait déjà toute petite, mais jusqu’alors cette facilité créatrice était restée sans prétention au rang de passe-temps.

Mais beaucoup de ceux qui s’approcheront pour contempler les neuf dessins qui forment cette exposition, seront d’accord pour dire que Sofi devrait dédier un peu plus de temps au dessin et à la peinture.

Sofi me confie qu’elle se considère passionnée par la tradition de la fête des morts au Mexique, et c’est pour cela qu’elle s’est introduite dans le thème au travers d’un regard original : des catrinas très coquettes, et, pourquoi ne pas le dire, très françaises. On devine aussi par ici des robes de cancan, des chapeaux et autres détails français. Pour ceux qui ne connaissent pas la belle Sophie Remy, il faudrait ici préciser qu’elle est française et vit au Mexique depuis un peu moins de deux ans.

Il y a deux dessins qui tranchent avec ce glamour dévoilé. D’un côté, apparaît une vierge de Guadalupe « zombi » (c’est ainsi que la décrit l’auteur), et l’image centrale de cette exposition s’intitule « Lit amer » (cama amarga), et consiste en une rencontre aussi sensuelle que triste entre la beauté et ce qui pourrait être l’amant qui s’éloigne comme s’éloignent les bateaux en haute mer.

La pulquería Los Insurgentes (Insugrentes 226, col. Roma), célèbre l’ouverture de cette exposition qui pourra être vue durant cette époque de fête des morts, et accompagnée d’un bon pulque aux fruits.

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Mon grand pote JuanJo (Juan José), artiste poète, qui a particulièrement apprécié l’expo…

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« Mexico Maligned », le Mexique calomnié

Vous vous souvenez peut-être que dans cet article je faisais ma râleuse de française : en fait, je ne suis pas toute seule, et ce n’est pas de la râlerie gratuite. Alors maintenant, au risque de rabâcher un peu, je voudrais vous montrer quelque chose. Et j’aimerais beaucoup que ceux qui ont l’intention de visiter le Mexique ou en ont trop peur pour oser en avoir l’intention, ou les paniqués de venir me rendre visite, ou ceux qui pensent que je suis inconsciente de vivre et de voyager au Mexique, et plus encore qui souffrent d’idées reçues sur le Mexique, lisent ce qui suit avec attention…
J’ai trouvé un excellent article sur un blog d’un grand voyageur pas français, et il se trouve qu’il est aussi fou amoureux du Mexique et aussi indigné que moi en ce qui concerne la mauvaise réputation de ce beau pays. Son article « Mexico Maligned » illustre très bien ce que je ressens à propos du Mexique calomnié par des medias myopes, mais surtout il s’appuie sur des données réelles et des statistiques, et pas seulement sur un sentiment.
C’est en anglais mais ça se comprend bien quand même. Sinon, je vous ai quand même traduit l’article, avec l’aide de Célin (merci Célin), ça donne ça.
(Tout le texte est de Terry, il y a juste les photos qui sont à moi, mise à part la carte).

Le blog de Terry : http://www.travelbyterry.com/ (n’hésitez pas à vous y abonner)

LE MEXIQUE CALOMNIÉ

LA MYOPIE DES MEDIAS

Si vous cherchez « myopie » sur thefreedictionary.com vous trouverez la définition suivante : « … un effet visuel qui consiste à voir flous les objets distants parce que leur image se concentre devant la rétine plutôt que sur la rétine« . Ce qui n’y est pas, mais qui devrait peut-être, ce sont des images de presque tous les programmes et émission US.

On a tous compris depuis longtemps que les informations 24h/24 requièrent un flux incessant de flashs infos dégoulinants et stridents pour les nerfs, et ce toutes les demi-heures. Que Dieu nous garde de laisser nos globes oculaires se promener. C’est une triste réalité à de nombreux niveaux, mais cela ne peut pas être pire que quand une noble nation entière est durement calomniée.

Pour être clair, je ne suis pas en train de dire que les medias « ont une dent contre le Mexique ». Pas du tout. Ce n’est pas une autre diatribe contre les partis pris des medias. Néanmoins, ce que j’affirme, c’est que dans leur insatiable soif du salace, le Mexique et ses 112 millions de fiers citoyens sont pour les medias (en supposant qu’ils s’en soucient) de tristes dommages colatéraux. Juste comme la définition au-dessus, l’idée que les medias se font du Mexique est floue précisément parce qu’ils se focalisent sur une réalité relativement petite et il est vrai, laide, et ils tombent cruellement loin de la rétine du reportage responsable.

Mexico D.F., Mexique

En incorrigible amoureux du Mexique, je reconnais qu’il est difficile de ne pas le prendre personnellement. Et si jour après jour, vous deviez lire des exagérations grossières, des vérités pas si vraies, ou de purs et scandaleux mensonges, à propos de quelqu’un que vous chérissez ? Vous n’avez pas besoin de répondre à ma question rhétorique parce que nous savez tous les deux que ça vous mettrait hors de vous. Alors imaginez ce que je ressens, en travaillant dans le vignoble du voyage, quand je suis inondé de reportages négatifs à propos du Mexique, un pays d’une incroyable beauté, d’une Histoire riche, et où vivent quelques unes des personnes les plus fines que Dieu ait jamais plantées sur cette planète.

LES TROIS CRITÈRES QUI COMPTENT

Voyons alors trois critères qui peuvent entrer en compte pour mesurer la sécurité au Mexique.

1. LA GÉOGRAPHIE

Permettez-moi de partager ici deux données qui sont rarement mentionnées par les medias. La première : la grande majorité des problèmes d’insécurité au Mexique sont concentrés dans les villes le long de la frontière et dans quelques autres points épars. Cela vaut le coup de noter que le Mexique ne compte pas moins de 2500 municipalités et que les problèmes d’insécurité se concentrent dans seulement 18 d’entre elles. Vous ne tomberez sûrement pas sur ce petit bijou, plutôt embarrassant pour les Etats-Unis… Il vous ferait presque vous demander s’il est réellement plus sage de rester à la maison (ndlr : Terry est Étasunien)
La seconde, rarement examinée, est la taille impressionnante du pays (environ la taille de l’Europe occidentale entière) et les distances entre les points chauds historiques et les lieux de vacances. Jetez un œil à la carte plus bas. Vous pourriez être surpris de découvrir que Ciudad Juárez se trouve à 1600km de Cancún et Tijuana à 1300km de Los Cabos. La ligne blanche, elle, est faite pour nous montrer comment, ici aux Etats-Unis, nous trouverions tellement bizarre et incompréhensible, l’idée qu’un potentiel visiteur étranger puisse nous avoir confié son appréhension à visiter San Diego après avoir entendu parler d’un triste fait divers à la Nouvelle-Orléans.

2. LES CHIFFRES
Voici quelques données intéressantes dont vous n’avez probablement pas entendu parler dans les medias :

1. Le Ministère du Tourisme mexicain rapporte que 2011 a été une année record pour le tourisme, avec 23,4 millions de voyageurs internationaux qui ont visité le Mexique au cours de l’année.

2. Le Ministère du Tourisme mexicain a annoncé que 4,99 millions de touristes internationaux ont visité le Mexique entre janvier et avril 2012, ce qui représente une augmentation de 5,3% par rapport à la même période en 2011.

3. Le Mexique est actuellement la 10ème destination touristique au monde1 recevant le plus de touristes, et a fait part publiquement de son objectif d’être dans le top 5 en 2018.

4. Il n’y a actuellement de la part des Etats-Unis aucune mise en garde (conseils aux voyageurs) pour les lieux touristiques comme Cancún, Cozumel, Playa del Carmen, la Riviera Maya et Tulum, la Riviera Nayarit, Los Cabos, Puerto Vallarta, Guadalajara ou San Miguel de Allende, León ou encore México D.F.

Punta Zicatela, Oaxaca, Mexique

3. L’EXPÉRIENCE

Si vous me demandiez le nombre de raisons pour lesquelles je crois que le Mexique est un pays sûr, je vous répondrais que c’est basé sur mon expérience personnelle. Depuis 25 ans que je voyage au Mexique, souvent plusieurs fois par an, je n’ai jamais été menacé ou harcelé une seule fois. Et ce n’est que mon histoire, parmi des millions d’autres similaires, comme le confirment les chiffres ci-dessus.

Si vous voulez entendre la vraie histoire de vraies personnes qui visitent le vrai Mexique, faites un tour sur Mexico Taxi Project. Ce sont des commentaires que font les gens comme vous et moi dans leur taxi pendant leur voyage de retour entre l’aéroport et chez eux. Ok, il y a sûrement une ou deux personnes dans ces vidéos qui sentent encore l’effet de quelques excès, mais hey, la gueule de bois ne sera pas considérée comme une menace dans cet article.

EN RÉSUMÉ

J’espère que j’ai démontré que rayer le Mexique de votre liste de destinations de vacances en vous basant uniquement sur les reportages de medias dirigés par le fric, est, osè-je le dire, illogique, irrationnel et… et myope. Ce qui est le plus dommage, c’est que vous allez vous priver vous-mêmes d’une des meilleurs expériences de voyage au monde. Le Mexique a des hôtels référencés mondialement, des restaurants incroyables, des activités excitantes et de riches traditions, le tout offert au monde par des maîtres en la matière de service.

Malheureusement, votre humble blogueur n’espère pas la moindre percée dans la couverture médiatique du Mexique. Toutefois, invaincu et pas découragé, je continuerai à prêter ma voix à beaucoup d’autres qui prêchent dans le désert. Je suis là pour le Mexique, je défends le Mexique, je recommande le Mexique ! J’espère que votre décision, amis voyageurs, quand elle sera prise, sera basée sur un examen géographique basique, sur une légère connaissance des chiffres et sur la confiance que vous accorderez aux témoignages fiables d’une légion de voyageurs ayant visité le Mexique par eux-mêmes.

Guanajuato, Gto, Mexique

Quoi que vous décidiez, je respecte entièrement votre décision. Mais s’il vous plaît, et je répète, s’il vous plaît, ne laissez pas la soif de chaos des medias myopes vous voler l’expérience d’un des plus beaux trésors au monde. Prenez le cas de quelqu’un qui sait, vous seriez alors le plus pauvre.

1. Le Mexique est aussi la deuxième destination touristique du continent américain derrière les États-Unis et devant le Canada, l’Argentine et le Brésil (http://en.wikipedia.org/wiki/World_Tourism_rankings).

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