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EZLN : LE BRUIT DU SILENCE

Je me souviens de conversations passionnées avec Pelou lors de sa venue ici au Mexique : l’un des thèmes, l’EZLN et les communautés zapatistes. Pour mémoire, EZLN, c’est Ejército Zapatista de Liberación Nacional, o sea, Armée Zapatiste de Libération Nationale. Cela faisait quelques années que l’EZLN ne faisait plus la une des journaux. Mais le silence n’est pas toujours signe de mort ou de reddition. Et il est parfois beaucoup plus puissant que les coups médiatiques.


Photo Radio Zapatista http://radiozapatista.org/?p=7360

Le 21 décembre 2012 marque la fin du 13ème Baktún, une unité de temps du calendrier maya (de presque quatre siècles). D’où l’importance de la date pour les héritiers du monde maya, les Chiapanèques. Un symbole, une date clé, que les Chiapanèques zapatistes ne pouvaient donc pas laisser passer.

Le 21 décembre au petit matin, 50 000 zapatistes ont défilé en silence, jusqu’au cœur de cinq villes, San Cristóbal de Las Casas, Ocosingo, Las Margaritas, Comitán et Altamirano, les cinq mêmes villes qu’ils avaient prises le 1er janvier 1994. C’était la naissance publique, dans le sang, la force et la douleur, de l’EZLN, après dix ans de vie secrète : l’EZLN est en fait né en 1984.

Il y a quelques années, à peine quelques miliers de zapatistes ou sympathisants civils se réunissaient lors des mobilisations publiques. Après six ans de silence, 50 000 zapatistes défilent silencieusement à travers cinq villes du Chiapas, dans une organisation milimétrée malgré la présence de 50 000 personnes, un nombre qu’ils n’avaient même pas eux-mêmes osé espérer. La seule action notable, elle aussi silencieuse, aura été de monter, l’un derrière l’autre, sur une scène montée pour l’occasion, lever le poing, avant de redescendre pour continuer au sein de la marche silencieuse.

Sur le parvis de la Cathédrale de San Cristóbal de Las Casas :


Photo http://sipaz.wordpress.com/tag/san-cristobal-de-las-casas/

Un silence qui donne des frissons, c’est le pays entier qui reste bouche-bée. Cette marche, ce silence, pourquoi ?…

Pour l’anecdote, une légère bruine caractéristique du Chiapas les a accompagnés du matin au soir le jour de la marche. Cela faisait des jours et des jours qu’elle n’avait pas montré le bout de son nez, et le lendemain, elle est repartie comme elle est venue.

Le 21 décembre, l’EZLN lance un communiqué pour accompagner la marche silencieuse :

Vous avez entendu?
C’est le bruit de votre monde qui s’effondre.
C’est celui du nôtre qui resurgit.
Le jour où il a fait jour, c’était la nuit.
Et il fera nuit le jour où il fera jour.

Démocratie !
Liberté !
Justice !

Cette partie du jour et de la nuit, très difficile à traduire malgré sa simplicité, est également délicate à expliquer et à décrypter. La nuit, tout un symbole zapatiste. Les zapatistes sont nés de la nuit – même Manu Chao le dit dans ses chansons – c’est leur territoire, leur terrain d’action. La première partie fait référence à leurs actions de jour : certes, ils se mobilisent maintenant à la lumière du jour, mais ce qu’ils montrent et revendiquent, c’est la nuit au sens zapatiste du terme, leur monde, leur origine, leur heure de gloire, c’est la nuit. « Le jour où il a fait jour, c’était la nuit ». Leurs actions sont celles de gens de la nuit, des indigènes qui ont vécu cachés trop longtemps, qui viennent de la nuit. Un des peuples chiapanèques, les Tzotziles, très présent à San Cris, tient son nom de la nuit : « Tzotzil » signifie « les hommes chauve-souris », les hommes de la nuit.

Lorsqu’ils sont apparus publiquement en 1994, les zapatistes sont sortis cagoulés. La cagoule passe-montagne, symbole d’un de leurs grands messages : « lorsque nous étions à visage découvert, vous ne nous voyiez pas. Il a fallu nous cacher le visage pour que vous nous remarquiez ». Mais pourquoi inaperçus à visage découvert ?

Le passe-montagne et le paliacate (foulard), symboles zapatistes :

Faisons un léger retour dans le temps. En 1984, six amis révolutionnaires comptent monter un coup d’État contre le gouvernement en place. Pour s’organiser, rien de tel que de partir dans la jungle, là où personne ne viendra les déranger, puisqu’il n’y a personne. Raté. Lorsqu’ils arrivent, il y a bien des indigènes qui vivent dans la jungle chiapanèque, et pas qu’un peu. Mais ils sont oubliés de tous, n’existent pas pour le gouvernement mexicain, encore moins pour l’Etat Civil, ils n’existent pas, car ils n’ont pas d’identité. Pas l’officielle, en tout cas. Les six révolutionnaires en question, émus par la condition des indigènes qu’ils rencontrent, laissent de côté leur coup d’Etat, et transforment leur cause, ils apprennent à connaître ces indigènes, à les défendre, à revendiquer leurs droits. Des six, seuls deux apparaissent en 1994 lorsque se montre enfin l’EZLN, le Subcomandante Marcos et le Subcomandante Pedro. Pedro ne survivra pas au 1er janvier 1994, laissant seul le Sub’ Marcos. Après dix ans de vie secrète, dix ans de nuit, dix ans de silence, l’EZLN prend cinq villes chiapanèques à l’aube du 1er janvier. Tout ce temps, les indigènes avaient eu le visage découvert. Tout ce temps, ils étaient passés pour inexistants aux yeux du gouvernement. Le 1er janvier, lorsqu’ils apparaissent cagoulés, on les voit, on leur prête enfin attention.

De la même manière qu’en 1994, l’EZLN resurgit avec un message puissant (et très émouvant). Le 21 décembre dernier, c’est le silence qui leur permet de se faire entendre.

Parce que non content d’être brillant et fin stratège (l’armée zapatiste, pour moi, a la meilleure organisation qui soit), le Sub’Marcos est aussi un grand poète. Au-delà des livres de poésie dont il est auteur, vous notez la poésie de sa façon de penser ?…

Le Sub’ Marcos, le sourire dans les yeux.


Photo La Vanguardia.

J’attendais impatiemment le communiqué qui allait suivre.
Ils l’ont lancé ce soir, à 20h36, 30 décembre 2012. J’ai pleuré un bon moment. Je suis impressionnée et émue que l’Histoire se fasse en ce moment, autour de moi, à côté de moi, presque avec moi.
Ce nouveau communiqué est beau, il est emprunt de la finesse caractéristique de Marcos.
Vous le trouverez en espagnol sur le site officiel de l’EZLN : http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2012/12/30/el-ezln-anuncia-sus-pasos-siguientes-comunicado-del-30-de-diciembre-del-2012/
Je vous le traduis bientôt. Parce que Marcos n’écrit pas (publiquement) tous les jours, mais quand il écrit, c’est non seulement beau, mais long. Très long.

Depuis un certain temps, mon membre fantôme me démange, j’ai nommé le Chiapas. En ces temps d’activité zapatiste forte, l’aimant Chiapas est surpuissant, c’est de la torture, de devoir rester au D.F. un jour de plus, il faut me retenir à coup de camisole de force pour que je ne saute pas dans un bus avant demain. Mais rassure-toi Chiapas mon amour, je suis en train de ronger les sangles de ma camisole avec les dents : j’arrive bientôt.

Un très grand merci à toi et à ton infinie patience, petit chiapanèque qui m’explique tout ça non sans t’arracher quelques cheveux au passage.

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« Mexico Maligned », le Mexique calomnié

Vous vous souvenez peut-être que dans cet article je faisais ma râleuse de française : en fait, je ne suis pas toute seule, et ce n’est pas de la râlerie gratuite. Alors maintenant, au risque de rabâcher un peu, je voudrais vous montrer quelque chose. Et j’aimerais beaucoup que ceux qui ont l’intention de visiter le Mexique ou en ont trop peur pour oser en avoir l’intention, ou les paniqués de venir me rendre visite, ou ceux qui pensent que je suis inconsciente de vivre et de voyager au Mexique, et plus encore qui souffrent d’idées reçues sur le Mexique, lisent ce qui suit avec attention…
J’ai trouvé un excellent article sur un blog d’un grand voyageur pas français, et il se trouve qu’il est aussi fou amoureux du Mexique et aussi indigné que moi en ce qui concerne la mauvaise réputation de ce beau pays. Son article « Mexico Maligned » illustre très bien ce que je ressens à propos du Mexique calomnié par des medias myopes, mais surtout il s’appuie sur des données réelles et des statistiques, et pas seulement sur un sentiment.
C’est en anglais mais ça se comprend bien quand même. Sinon, je vous ai quand même traduit l’article, avec l’aide de Célin (merci Célin), ça donne ça.
(Tout le texte est de Terry, il y a juste les photos qui sont à moi, mise à part la carte).

Le blog de Terry : http://www.travelbyterry.com/ (n’hésitez pas à vous y abonner)

LE MEXIQUE CALOMNIÉ

LA MYOPIE DES MEDIAS

Si vous cherchez « myopie » sur thefreedictionary.com vous trouverez la définition suivante : « … un effet visuel qui consiste à voir flous les objets distants parce que leur image se concentre devant la rétine plutôt que sur la rétine« . Ce qui n’y est pas, mais qui devrait peut-être, ce sont des images de presque tous les programmes et émission US.

On a tous compris depuis longtemps que les informations 24h/24 requièrent un flux incessant de flashs infos dégoulinants et stridents pour les nerfs, et ce toutes les demi-heures. Que Dieu nous garde de laisser nos globes oculaires se promener. C’est une triste réalité à de nombreux niveaux, mais cela ne peut pas être pire que quand une noble nation entière est durement calomniée.

Pour être clair, je ne suis pas en train de dire que les medias « ont une dent contre le Mexique ». Pas du tout. Ce n’est pas une autre diatribe contre les partis pris des medias. Néanmoins, ce que j’affirme, c’est que dans leur insatiable soif du salace, le Mexique et ses 112 millions de fiers citoyens sont pour les medias (en supposant qu’ils s’en soucient) de tristes dommages colatéraux. Juste comme la définition au-dessus, l’idée que les medias se font du Mexique est floue précisément parce qu’ils se focalisent sur une réalité relativement petite et il est vrai, laide, et ils tombent cruellement loin de la rétine du reportage responsable.

Mexico D.F., Mexique

En incorrigible amoureux du Mexique, je reconnais qu’il est difficile de ne pas le prendre personnellement. Et si jour après jour, vous deviez lire des exagérations grossières, des vérités pas si vraies, ou de purs et scandaleux mensonges, à propos de quelqu’un que vous chérissez ? Vous n’avez pas besoin de répondre à ma question rhétorique parce que nous savez tous les deux que ça vous mettrait hors de vous. Alors imaginez ce que je ressens, en travaillant dans le vignoble du voyage, quand je suis inondé de reportages négatifs à propos du Mexique, un pays d’une incroyable beauté, d’une Histoire riche, et où vivent quelques unes des personnes les plus fines que Dieu ait jamais plantées sur cette planète.

LES TROIS CRITÈRES QUI COMPTENT

Voyons alors trois critères qui peuvent entrer en compte pour mesurer la sécurité au Mexique.

1. LA GÉOGRAPHIE

Permettez-moi de partager ici deux données qui sont rarement mentionnées par les medias. La première : la grande majorité des problèmes d’insécurité au Mexique sont concentrés dans les villes le long de la frontière et dans quelques autres points épars. Cela vaut le coup de noter que le Mexique ne compte pas moins de 2500 municipalités et que les problèmes d’insécurité se concentrent dans seulement 18 d’entre elles. Vous ne tomberez sûrement pas sur ce petit bijou, plutôt embarrassant pour les Etats-Unis… Il vous ferait presque vous demander s’il est réellement plus sage de rester à la maison (ndlr : Terry est Étasunien)
La seconde, rarement examinée, est la taille impressionnante du pays (environ la taille de l’Europe occidentale entière) et les distances entre les points chauds historiques et les lieux de vacances. Jetez un œil à la carte plus bas. Vous pourriez être surpris de découvrir que Ciudad Juárez se trouve à 1600km de Cancún et Tijuana à 1300km de Los Cabos. La ligne blanche, elle, est faite pour nous montrer comment, ici aux Etats-Unis, nous trouverions tellement bizarre et incompréhensible, l’idée qu’un potentiel visiteur étranger puisse nous avoir confié son appréhension à visiter San Diego après avoir entendu parler d’un triste fait divers à la Nouvelle-Orléans.

2. LES CHIFFRES
Voici quelques données intéressantes dont vous n’avez probablement pas entendu parler dans les medias :

1. Le Ministère du Tourisme mexicain rapporte que 2011 a été une année record pour le tourisme, avec 23,4 millions de voyageurs internationaux qui ont visité le Mexique au cours de l’année.

2. Le Ministère du Tourisme mexicain a annoncé que 4,99 millions de touristes internationaux ont visité le Mexique entre janvier et avril 2012, ce qui représente une augmentation de 5,3% par rapport à la même période en 2011.

3. Le Mexique est actuellement la 10ème destination touristique au monde1 recevant le plus de touristes, et a fait part publiquement de son objectif d’être dans le top 5 en 2018.

4. Il n’y a actuellement de la part des Etats-Unis aucune mise en garde (conseils aux voyageurs) pour les lieux touristiques comme Cancún, Cozumel, Playa del Carmen, la Riviera Maya et Tulum, la Riviera Nayarit, Los Cabos, Puerto Vallarta, Guadalajara ou San Miguel de Allende, León ou encore México D.F.

Punta Zicatela, Oaxaca, Mexique

3. L’EXPÉRIENCE

Si vous me demandiez le nombre de raisons pour lesquelles je crois que le Mexique est un pays sûr, je vous répondrais que c’est basé sur mon expérience personnelle. Depuis 25 ans que je voyage au Mexique, souvent plusieurs fois par an, je n’ai jamais été menacé ou harcelé une seule fois. Et ce n’est que mon histoire, parmi des millions d’autres similaires, comme le confirment les chiffres ci-dessus.

Si vous voulez entendre la vraie histoire de vraies personnes qui visitent le vrai Mexique, faites un tour sur Mexico Taxi Project. Ce sont des commentaires que font les gens comme vous et moi dans leur taxi pendant leur voyage de retour entre l’aéroport et chez eux. Ok, il y a sûrement une ou deux personnes dans ces vidéos qui sentent encore l’effet de quelques excès, mais hey, la gueule de bois ne sera pas considérée comme une menace dans cet article.

EN RÉSUMÉ

J’espère que j’ai démontré que rayer le Mexique de votre liste de destinations de vacances en vous basant uniquement sur les reportages de medias dirigés par le fric, est, osè-je le dire, illogique, irrationnel et… et myope. Ce qui est le plus dommage, c’est que vous allez vous priver vous-mêmes d’une des meilleurs expériences de voyage au monde. Le Mexique a des hôtels référencés mondialement, des restaurants incroyables, des activités excitantes et de riches traditions, le tout offert au monde par des maîtres en la matière de service.

Malheureusement, votre humble blogueur n’espère pas la moindre percée dans la couverture médiatique du Mexique. Toutefois, invaincu et pas découragé, je continuerai à prêter ma voix à beaucoup d’autres qui prêchent dans le désert. Je suis là pour le Mexique, je défends le Mexique, je recommande le Mexique ! J’espère que votre décision, amis voyageurs, quand elle sera prise, sera basée sur un examen géographique basique, sur une légère connaissance des chiffres et sur la confiance que vous accorderez aux témoignages fiables d’une légion de voyageurs ayant visité le Mexique par eux-mêmes.

Guanajuato, Gto, Mexique

Quoi que vous décidiez, je respecte entièrement votre décision. Mais s’il vous plaît, et je répète, s’il vous plaît, ne laissez pas la soif de chaos des medias myopes vous voler l’expérience d’un des plus beaux trésors au monde. Prenez le cas de quelqu’un qui sait, vous seriez alors le plus pauvre.

1. Le Mexique est aussi la deuxième destination touristique du continent américain derrière les États-Unis et devant le Canada, l’Argentine et le Brésil (http://en.wikipedia.org/wiki/World_Tourism_rankings).

Lettre ouverte à Patrick Besson

Tout de suite là j’ai très très honte, France, presse française, Le Point, je cible Patrick Besson. On est vraiment du même pays, dis ?… Sûr sûr ?…

Je suis souvent (la majeure partie du temps) indignée – désolée – navrée par les articles que je lis sur le Mexique dans la presse française. Mais là je crois qu’on a atteint un pic assez honteux avec la dernière chronique de Patrick Besson dans Le Point.

Je suis abonnée à la newsletter du Petit Journal (rien à voir avec Canal +), un petit canard sur internet pour les Français au Mexique. Aujourd’hui dans ma boîte mail, un lien de la newsletter titre : « HUMOUR – Les phrases espagnoles à connaître avant de se rendre au Mexique ». Ok, allons donc nous marrer un peu. Je clique, je tombe là-dessus, premier coup de poing dans le ventre : le lien, quelqu’un m’explique, entre « HUMOUR » et le contenu de l’article ?… Je file donc voir la chronique de Patrick Besson : les dents m’en tombent, j’ai bien essayé de chercher l’humour, même le 136ème degré n’a pas fait le déplacement.

Je vous le copie ?… CE N’EST PAS DE MOI, C’EST UNE CITATION, MERCI.

Avertissement : ne retenez RIEN de ce qui est écrit en espagnol, quand il n’y a pas de faute d’orthographe ou de conjugaison horrible, c’est le vocabulaire qui n’est pas bon, et vice versa, ou les deux à la fois. D’ailleurs, je vous recommande de ne pas lire le vomi en espamerde tenté par Besson, vous pouvez très bien vous contenter du vomi en français. On apprend à la fin de son article qu’il a même été aidé pour sortir un torchon pareil. Félicitations Monsieur Besson.

-No tiren, por favor. (Ne tirez pas, s’il vous plaît.).
– Desateme, por favor. (Détachez-moi, s’il vous plaît.).
– No, esta maleta llena de cocaina no me pertenece. (Non, cette valise pleine de cocaïne ne m’appartient pas.).
– Mejor corteme la mano derecha, soy zurdo. (Coupez plutôt ma main droite, je suis gaucher.).
– La derecha para mi, no para usted. (La droite pour moi, pas pour vous.).
– Saqueme de preferencia el ojo izquierdo, con el que veo peor. (Crevez de préférence mon oeil gauche, c’est celui qui voit le moins.).
– El izquierdo para mi, no para usted. (Le gauche pour moi, pas pour vous.).
– No puedo darle mis cartas de credito, me las han robado esta mañana. (Je ne peux vous donner mes cartes de crédit, on me les a volées ce matin.).
– El liquido tambien. (Le cash aussi.).
– Habiamos dicho cien dolares, señorita. (On avait dit cent dollars, mademoiselle.).
– Puedo ir hasta ciento cincuenta dolares. (J’irai jusqu’à cent cinquante.).
– No habia entendido que habia un suplemento con el preservativo. (Je n’avais pas compris que vous comptiez un supplément pour les préservatifs.).
– No, no conozco a nadie llamado Nicolas Sarkozy. (Non, je ne connais personne du nom de Nicolas Sarkozy.).
– Sin embargo, normalmente, me gusta la guindilla. (Pourtant, d’habitude, j’aime le piment.).
– ¿Donde estan los aseos, por misericordia? (Où sont les toilettes, par pitié ?).
– ¿Tienen un chaleco anti-balas de baño? (Avez-vous des gilets pare-balles de bain ?).
– ¿Pueden pedir a los musicos que hagan una pausa de tres horas, por favor? (Pouvez-vous demander aux musiciens de faire une pause de trois heures, s’il vous plaît ?).
– Si me caso con su hermanita, voy a convertime en bigamo, pero al fin y al cabo es culpa mia. (Si j’épouse votre petite soeur, je serai bigame, mais, après tout, c’est de ma faute.).
– Creo que la arteria femoral esta herida. (Je crois que l’artère fémorale est touchée.).
– ¿Hay un humor mejicano? ¿Si lo hay, en que consiste? (Y a-t-il un humour mexicain et, si oui, en quoi consiste-t-il ?).
– ¿Porque todos los escritores que odiaron Mejico han escrito sus majores libros sobre el: …? (Pourquoi tous les écrivains qui ont détesté le Mexique ont-ils écrit leur meilleur livre dessus : Graham Greene [« La puissance et la gloire »], Malcolm Lowry [« Au-dessous du volcan »], D. H. Lawrence [« Le serpent à plumes »]) ?

Je ne m’amuserai pas à tout corriger, ça vaut vraiment pas le coup.

À vous les Français qui n’êtes jamais venus au Mexique, ça vous a paru drôle, réaliste, vous vous imaginez le Mexique comme ça ? Je crois que j’ai de plus en plus de mal à imaginer comment peut être vu le Mexique en France, mais ce genre d’article ne doit pas aider. Plus je connais ce beau pays, plus je le vis, plus je le ressens, plus je l’aime et plus je m’indigne de l’image qu’il a à l’étranger et notamment en France, ça me fait vraiment mal au cœur, ça me colle la nausée, j’ai honte. Heureusement, les Mexicains ont tendance à nous apprécier beaucoup, à nous ouvrir chaleureusement leurs portes et leurs bras, et savent qu’on n’est pas tous pareils.

Môssieur Besson, il y a tellement de jeunes qui savent des choses, s’échappent des préjugés, et font du journalisme qui est du journalisme, écrivent des chroniques qui sont des chroniques, qui cherchent leur place méritée dans le monde du journalisme. Vous pourriez aller vous faire f… s’il vous plaît ?
Défendez votre merd… papier sur le ton de l’humour… il est où ? En imaginant qu’on considère un instant cet aspect peu glorieux du Mexique, de loin le plus médiatisé, qu’est l’insécurité (crime organisé etc), on s’autorise, ce qu’on veut appeler « humour noir », et qui n’en est pas, sur 47 000 morts (reconnus comme tels, pas les vrais chiffres) depuis 2006… OU PAS ?…


Ce genre d’article, Môssieur Besson, c’est un bloc de graisse pour les artères : on s’en passerait, c’est très mauvais pour la santé.

Quand on ne sait pas, on se la ferme, et, éventuellement, quand on est si chroniqueur que ça, on apprend, on cherche, on découvre. Des idées reçues pareilles, ce n’est pas du meilleur effet pour quelqu’un qui se veut journaliste-écrivain. Les Français qui vivons au Mexique pourrions écrire des choses humoristiques sur le Mexique, oui, je pense. Beaucoup d’autres Français aussi, sans forcément avoir vécu au Mexique.
Et vous ?
Vous, Monsieur Besson, reparlez-nous du Mexique quand vous l’aurez apprécié à sa juste valeur. (Même si je préfère l’option : « ne reparlez plus jamais du Mexique, ce sera mieux pour tout le monde »).

Comme dirait mon ami Carlos Rentería, que vous ne connaissez sans doute pas, parce que lui est écrivain, « estoy muy molesta ».

Pour finir, si vous envisagez un jour un voyage au Mexique, je vous laisse une petite phrase très utile pour les ignares de votre genre : « Por favor ayúdenme, que soy un pobre pendejo ».


Un détail : au début, j’avais pensé traduire ma lettre ouverte en espagnol : je vais y repenser à deux fois, je ne suis pas sûre d’avoir envie que des Mexicains tombent là-dessus.

Mercredi, c’est Pater Xochi

Parce que la promenade au Tepozteco est magique mais un petit peu sport, le lendemain c’est journée pépère : en route pour Xochimilco, chinampas et trajineras, direction le sud de la ville.

Des escaliers peu orthodoxes.

Xochi (c’est comme Tepoz’, Xochimilco a son p’tit nom pour les intimes) est connu pour ses jardins flottants, et en particulier ses fleurs : les chinampas sont remplies de serres impressionnantes où l’on peut trouver les espèces les plus communes comme les plus rares.

Les couleurs ne sont pas l’apanage des serres : toutes les trajineras sont teintées de rouge, jaune et bleu comme base. Elles se personnalisent avec la décoration à l’avant, encore plus colorée, qui porte souvent un ou plusieurs prénoms, voire une courte phrase.

(Je suis navrée cette photo me rappelle un tube des années 60 : cliquez si vous avez même pas peur)

Les jours de semaine ne font pas la fortune des embarcations de mariachis, qui nous supplient de les laisser nous jouer un ou deux morceaux (« Nel, ni que fueramos novios ! »). C’est le week-end qu’ils ont le plus fort de leur activité : les jeunes ivrognes du samedi soir viennent finir leur week-end alcoolisé le dimanche après-midi à Xochimilco, ainsi que de nombreuses familles qui veulent passer un bon moment le dimanche. C’est LE jour où les trajineras sont de sortie et où les canaux laissent flotter un maximum de couleurs, de rires, de chansons traditionnelles…

En rentrant de Xochimilco, on décide de faire un petit détour par le parc México dans le quartier de la Condesa, réputé pour ses bars et restaurants : c’est le quartier branché.

On va se la jouer Routard, un peu tiens : où manger un morceau dans la Condesa ?
La pub du jour, c’est pour le Falafelito, un tout petit local au coin de Chilpancingo et av. México. Falafels super bons (si on compare à la bouffe mexicaine classique trouvable dans la rue, je veux dire, on est à des années lumière des tacos al pastor gras à l’odeur vomitive). Pain pita, légumes et crudités, produits frais : à la trappe la torta grasse du coin de la rue ! Prix franchement accessibles. Le plus : totalement végétalien !

Vous comprendrez peut-être mieux le nom

Edit : pour ceux qui ne comprendraient toujours pas son nom…

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