Archives de Catégorie: Ville coloniale

Tepoztlán, otra vez !

J’ai profité d’un jour de repos imposé (réduction des horaires) pour filer à l’anglaise à Tepoztlán, histoire de souffler un peu en dehors de Mexico. J’aime le D.F., je l’adore, mais un jour au vert ça fait du bien aussi, surtout quand c’est Tepoz. On y va en photos…

Pour ce troisième voyage à Tepoz (le premier il y a un an, le second en avril avec Pelou), c’était jour de fête : Fête Nationale, le 14 Juillet à la mexicaine, c’est pas la Bastille, mais l’Indépendance du Mexique. Indépendance dont la date a d’ailleurs été, selon la légende, arbitrairement changée par ce vieux président Porfirio Diaz né le 15 septembre 1830 (et mort à Paris en 1915). Mais, pas si sûr : el Grito de Dolores (le Cri de Dolores) aurait bien eu lieu le 15 septembre 1810 au soir, ou le 16 au matin selon les sources, en guise de début de la Guerre d’Indépendance, alors que le 27 septembre 1821 marque la fin de la guerre. Dolores est une commune, le berceau de l’Indépendance, mais c’est curieux cette coïncidence avec « dolores », qui signifie « douleurs » (car c’était bien d’un cri de douleur qu’il s’agissait…).

Et chaque année, le 15 septembre à 23h, le Cri de Dolores est lancé pour fêter l’anniversaire de l’Indépendance, à base de ¡Viva! et les grands noms de l’Indépendance entre autres héros nationaux.

¡Mexicanos!
¡Vivan los héroes que nos dieron patria!
¡Víva Hidalgo!
¡Viva Morelos!
¡Viva Josefa Ortiz de Domínguez!
¡Viva Allende!
¡Vivan Aldama y Matamoros!
¡Viva la independencia nacional!
¡Viva México! ¡Viva México! ¡Viva México!

Au boulot, pour varier un peu, notre ami écrivain Rentería nous a fait une version du cri « ¡Que muera Peña Nieto! » entre autres revendications, toutes acclamées…

Revenons à Tepoztlán, où les festivités ont été pour le moins légères. La ville étant très proche d’un point chaud du narcotrafic, les militaires et les policiers étaient presque aussi nombreux que les quelques péquins qui étaient dehors le soir du 15 septembre. Dans plusieurs grandes villes, « de plano » les festivités ont été interdites ou annulées pour éviter toutes sortes d’incidents liés à une criminalité élevée dans les endroits en question.

Feux d’artifice et éclairage public aux couleurs du Mexique…

Au soir, on s’est quand même fait un resto avec comme musique l’ambiance du village, accompagnés de notre petit top modèle insecte qui s’est laissé prendre en photo un bon moment. Je pense et j’espère qu’avec ce genre de photos, Pelou, tu comprendras à quel point je te suis reconnaissante !

Tepoz est un bijou de verdure, de relief (surprenants reliefs que ceux du Tepozteco), d’architecture, de couleurs, où il fait bon vivre, on sentirait presque le parfum des fleurs au travers des photos.

Les toits du couvent sur fond de Tepozteco…

Toutes les photos qui suivent sont prises depuis le toit de la chambre où on a dormi. Au petit matin, j’ai pris plaisir à me lever très tôt et filer faire quelques clichés soleil levant depuis le toit.

Parenthèse : y a quelques années encore, je ne comprenais pas comment Pelou pouvait se lever aussi tôt naturellement et s’évader dans la nature un bon moment avant de réapparaître sans avoir prévenu personne. Maintenant j’y prends un certain plaisir, et c’est moi-même qui disparaît un moment, une sorte de communion matinale avec la nature, un bonjour aux éléments, c’est délicieux.

Et j’en connais un qui devrait avoir des souvenirs qui remontent avec cette petite pyramide !

Voilà ça c’était la dernière photo de la « communion matinale ». En prenant le chemin du village, grand soleil, vans de hippies et restes de costumes traditionnels.

Parmi les fiertés nationales, la lucha libre. On est certes à Tepoztlán, entre artisanat et bric-brocs de hippies, mais oui, il y a un poste de masques de lutteurs (je pourrais même maintenant en identifier pas mal, sur la photo !)

C’est quand même l’heure du petit-déj, alors on file au marché (aaaah comme je l’aime ce marché), un grand litre de jus d’orange pressé sous nos yeux et une quesadilla à la fleur de courgette. Là aussi Pelou aura peut-être de joyeux souvenirs (« merde mais on s’en fout partout de ce machin-là »).

Et puis un voyage à Tepoz ne serait pas un voyage à Tepoz sans gourmandises et sans…

CAFÉ

Bien sûr que oui, je me suis ramené mon demi-kilo de café…

La minute Routard : je recommande le Café Revolución, calle revolución, en descendant le long de la place principale, le café y est délicieux. Un autre sympa mais un poil moins « cosy », c’est sur la rue principale, Del Tepozteco, où ils ont en cage, tenez-vous bien…

Et enfin et bien sûr, les glaces, les fameuses « Tepoznieves » : au mur, ce sont les parfums. « Nieve » veut dire « glace » au Mexique, si c’est pas mignon, de demander une neige au marchand de glaces…

Niveau parfums, on doit être au paradis de la glace, le tout fait maison bien sûr : les classiques chocolat menthe pistache citron fraise framboise melon rhum-raisins, mezcal de coco, mangue, mezcal de lait de chèvre, mezcal d’avoine, baiser de la lune, choco-banane, trois laits, café au lait, crême brûlée, maïs, rompope, noix, tequila, cacahuète, chewing-gum, figue, yaourt, chamoy, amaretto, coco au genièvre, « offrande aux morts » (il le fallait !), kiwi, lichi, tamarindo, gardenia, carotte, mezcal de goyave, temple du silence, biscuit, baiser d’ange, carotte au piment, fruit de la passion, mimosa, fruit du dragon (pitaya), persimo, mamey, cerise, tequila au citron, choco-noix, tuna, laitue, raisin, pastèque, betterave, anis, rhum-ananas, mezcal de cacahuète, mezcal de fruit de la passion, fraise au vin, mandarine, baiser de Cendrillon, pétales de roses, sérénade de l’amour, cappuccino, pruneau, datte, nardo, cactus, tejocote, berceuse de la lune…

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Tepoz sort les couleurs

Un jour de congé le jour même de la Fête Nat’, ça donne… Et oui, encore un, un tout petit week-end à Tepoz (Tepoztlán, Tepoz pour les intimes, c’est qu’on se connaît, maintenant, elle et moi), et ça fait bien plaisir. Je commence par un court article sur quelques photos d’art sur les murs, et suivra un autre article un peu plus « culture et couleur locale ».

Pourquoi deux articles au lieu d’un ? Parce que je participe depuis peu à deux blogs de « street art », que c’était plus facile pour moi de vous le séparer et de repomper mes propres articles déjà faits, parce que ça vous fait deux articles pour le prix d’un… et si ça vous intéresse, vous pouvez aussi voir les articles originaux directement sur les blogs concernés :
Conscience et résistance à Tepoztlán…
« Je ne sais pas », au Mexique…
Changer le monde, ou commencer par soi-même…

Les blogs en question :
Voyage en éphémère
Graffs en Capitales

Et puis si ça vous intéresse toujours, il y a aussi des articles sur Graffs en Capitales (et bientôt d’autres), en l’occurrence Mexico :
Mexico #8
Mexico #9

J’ai fini avec la minute pub, revenons à nos moutons, je vous laisse aussi les clichés de Tepoz ici et je vous lance un second article sur Tepoz couleur locale tout de suite après.

« Je ne sais pas pourquoi », au Mexique, ça donne…

« Si tu espères changer quand aura changé le monde, tu mourras sans avoir vécu. Si tu commences par changer toi-même, alors tu es déjà en train de changer le monde… »René Juan Trossero (Argentina)

« Non à l’extension de l’autoroute »

« Renseigne-toi ! Défends ton village ! »

« Pour nos traditions et notre futur : Front de Libération Juvénil Pour La Défense De Tepoztlán »

« Nous sommes pour le développement qui bénéficie à nos communautés et qui respecte le milieu dans lequel nous vivons, mais pas pour celui qui satisfait la voracité de quelques entrepreneurs ! »

« L’extension affectera le commerce local : ce sera l’invasion des grandes chaînes commerciales ! »

Oxxo est une chaîne superpuissante mexicaine du commerce de proximité : de la junk food à gogo, chips, bière, cacahuètes et sodas, en gros, pas un légume qui traîne. En bonne pieuvre, elle est évidemment présente dans les moindres petits villages pour bien rompre avec leur charme et leur authenticité. Une des (nombreuses) raisons pour lesquelles je ne les aime pas, leur café est dé-gueu-lasse.

Soriana, c’est un des monstres de la grande distribution, et c’est aussi la chaîne de supermarchés impliquée dans l’achat de votes par le PRI aux élections présidentielles qui viennent d’avoir lieu. (Voir l’article sur les élections.)

Walmart, je préfère ne pas vous en parler, vous devez connaître.

« Et les propriétaires, ils seront Tepoztèques ? »

CHIAPAS, mon amour

Il y a un trou temporel que je n’avais encore jamais pris le temps de combler : voilà, c’est chose faite.
Je vais vous balancer quelques articles contenant des merveilles plus merveilleuses les unes que les autres : pour être franche, ce sont les plus beaux souvenirs que j’ai du Mexique… LE CHIAPAS.
C’est un peu comme un pays à part entière à l’intérieur du Mexique. Et je ne parle pas seulement de ses paysages incroyables et de sa précieuse culture. Il est aussi question du Chiapas comme territoire zapatiste. Les indiens ont été maltraités (un grand euphémisme) durant des siècles, entre colonisation, Évangélisation, exploitation… et gouvernement mexicain.

Chiapas

Le Chiapas est l’État du sud-ouest du pays frontalier avec le Guatemala.
Terre maya, indienne, zapatiste, culture et patrimoine richissimes, jungle lacandonienne dense, faune et flore dignes de tous les reportages, zones archéologiques incroyables, démesure et beauté sauvage des paysages… Les adjectifs me manquent, le Chiapas est mon paradis sur terre, il a gardé mon cœur en otage.

Mes photos sont déjà prêtes, il me reste à chercher et écrire encore un peu et je vous publie tout ça. Moi, j’en ai pris plein les mirettes, et deux ans plus tard j’en frissonne encore. Je meurs d’envie d’y retourner : ceux qui se souviennent dans quel état j’étais avec le Mexique quand j’étais en France, comprendront dans quel état je suis ici avec le Chiapas. Ce que j’espère, c’est vous donner envie d’y aller…

Je vous laisse quand même une photo en guise d’aperçu, avant d’envoyer tous les articles manquants de 2010.




On est à San Cristóbal, considérée comme la capitale culturelle du Chiapas et bien plus.
Je suis amoureuse de San Cris. Elle me fascine, me souvenir d’elle ou écrire sur elle me colle les larmes aux yeux.

Elle est chaleureuse. Et glaciale la nuit.
Culturellement aussi riche que ses habitants peuvent être pauvres.
Colorée et joyeuse.
Pluvieuse, brumeuse et mélancolique.
Indienne et cosmopolite.
San Cristóbal est définitivement… poétique.

Mardi, Pater Tepozteco

Mardi, c’est montée au Tepozteco : s’il y a aussi des airs de déjà vu, la réponse est oui j’y suis déjà allée.
Tepoztlán au réveil, sur la place au dessus du marché.

« Tepoztlán » signifie « le lieu de la hache de cuivre », en référence à l’attirail du dieu des lieux, Ometochtli-Tepoztécatl (dieu du pulque !).

Petit déjeuner dans le marché, un niveau en dessous de la place du kiosque : il y a une bonne grimpette jusqu’au Tepozteco, un café avant le démarrage est toujours le bienvenu.

En prenant la rue principale vers le Tepozteco, on commence à apercevoir le bout du chemin, qui est la pyramide tout en haut du Tepozteco.

Dame pyramide a son importance : construite entre 1150 et 1350 après Jésousse, elle a été un important lieux de pèlerinage, accueillant notamment des pèlerins qui venaient depuis le Guatemala.
Pour ceux qui ne l’auraient pas vue.

Pour ceux qui ne l’auraient toujours pas vue.

Pater mimosa : en bas de la montée, là où c’est toujours bien praticable avec des escaliers qui ont une forme d’escaliers et pas de pierres écroulées comme la suite du chemin, il y a ce petit arbuste coupé en deux. Une dame nous a dit que ce serait du mimosa, à confirmer, je ne trouve toujours pas l’info.

Quand on commence vraiment à voir la fin du chemin, on aperçoit même quelques escaliers au fond.

Les photos rendent évidemment très peu les impressions vertigineuses : ici on ne se représente absolument pas la taille ni la distance, mais en apparence, cela me rappelle un peu les cheminées de fée des Alpes.

La grimpette vaut le coup : la récompense est belle, point de vue imprenable sur Tepoz et pyramide en prime, le tout accompagné d’une faune curieuse qui se laisse voir et approcher.

Ici, les charognards de « zopilotes ».

Et puis les vedettes du Tepozteco, ce sont les coatis, que les mexicains appellent communément et à tort « tejones » (blaireaux).

Mieux vaut avoir des yeux partout : malgré leur petit air sympatique, ils vont jusqu’à dépouiller les touristes…

En fait au bout d’un moment on en vient à se demander qui des coatis-bonnes-gueules ou des vautours-sales-gueules sont les plus rapaces. Avec le touriste au moins, on a trouvé la réponse.

Sur la descente, on a choisi de ne pas toujours reprendre le sentier battu et de nous laisser porter par le vent. Cela nous aura valu quelques jolies surprises.

Lundi, Pater Tepoztlán

Tepoz, pour les intimes, c’est beau comme ça :

Et puis il y a l’ex-couvent, à voir

HEC EST DOMUS DOMINI FIRMITER EDIFICATA
Bernette est demandée sur le blog pour une traduction, Bernette, merci !
Il lui arrive quoi à la maison du Seigneur, elle est construite fermement ?

Le Mexique, là où les anges des églises ont les mêmes plumes à leurs ailes que les guerriers jaguars sur leurs coiffes…

Derrière la place, petit marché d’artisanat

Et puis au marché, il y a des micheladas vraiment, vraiment froides…

S’il y a comme un air de déjà vu avec Tepoz, c’est normal, j’y étais déjà allée… J’emmenais donc la viste paternelle en terrain connu. Lundi, arrivée dans l’après-midi et découverte du village. On y reste dormir pour la montée au Tepozteco le mardi matin…

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